Post-scriptum : Barack Obama, le juste

Post-scriptum : Barack Obama, le juste

Son discours constitue, selon moi, un acte fondateur de ce que la nouvelle politique des USA entend être. Sur la forme -tout d’abord- le président Obama est un homme de communication hors pair qui en détient toutes les ficelles, les références à son père, à sa propre vie ne sont pas anodines et ne seront sûrement pas du goût de tous les Américains. Commencer son discours par «Salamaleïkoum» n’est évidemment pas neutre et là aussi il faut prendre les mots au pied de la lettre. Par ce discours, Barack Obama a pris des risques ; vis-à-vis de certains Américains certes, mais aussi vis-à-vis des Israéliens et bien entendu de nombre d’islamistes dont le fonds de commerce principal était l’anti-américanisme primaire, alimenté il est vrai par George W.Bush. Ce discours historique relève du courage politique et le président Obama n’en manque pas, il l’a montré en disant ce qu’aucun des ses prédécesseurs n’avait osé dire : «la situation du peuple palestinien est intolérable à la conscience humaine». En réaction à ce courage du président Obama, les musulmans ne peuvent et ne doivent pas rester attentistes, ils leur faut agir. La politique de la «fine bouche», du «oui-mais», du «peut-être que» ne fera que donner du grain à moudre aux extrémistes américains, aux sionistes qui sentent le danger et aux islamistes qui feront dans la surenchère et se voudront encore et toujours «plus palestiniens que les palestiniens». Bien sûr, me rétorqueront certains, mais il ne faut pas être naïfs, Obama vise d’abord à préserver les intérêts de son pays. Cela me semble une évidence, Barack Obama est président des Etats-Unis et comme tout chef d’Etat digne de ce nom, il œuvre pour son peuple. Est-ce que cela est incompatible avec une politique internationale juste et équilibrée ?
Au contraire, car dans l’esprit du président Obama, les deux sont étroitement liés. Toujours est-il que la main est tendue, voyons ce que les musulmans qui jusqu’alors n’avaient pas d’interlocuteurs fiables à la tête des USA répondront à ce discours. Le chemin de la paix n’est certes pas un long fleuve tranquille. Je voudrais terminer mon propos par une petite note de fierté car dans son discours le président américain a salué le Maroc «premier pays au monde à avoir reconnu les Etats-Unis d’Amérique». Et en plus, ce président a de la mémoire ! Savourons quant à nous cette juste reconnaissance.

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