Post-scriptum : «blocs de béton…»

«Ce que nous visons en définitive, ce n’est pas uniquement d’avoir des villes sans bidonvilles, ni d’y substituer des blocs de béton sans âme, réfractaires à toute sociabilité».
En une phrase, prononcée lors de son discours lors des Rencontres nationales des collectivités locales à Agadir, Sa Majesté a mis en garde contre l’un des risques majeurs de notre avenir immédiat : la ghettoïsation urbaine!
En effet, on ne peut qu’être effaré devant la construction de certains nouveaux quartiers, à la périphérie de nos villes, où le béton remplace la tôle ondulée, avec certes le confort en plus, mais malheureusement l’âme en moins. Nous condamnons ainsi toute une partie de notre jeunesse à grandir, coincée entre béton et bitume où les appartements se succèdent à perte de vue, sans la moindre once de verdure ni d’infrastructures de base, indispensables pour permettre à un être humain de s’épanouir.
Il est clair que lors de ses tournées à travers le Royaume, le Souverain a dû voir des exemples de ce type d’où sa mise en garde.
Que ce soit le chef de l’Etat qui se penche sur ce problème et le souligne à l’occasion de ces  Rencontres montre l’importance de l’enjeu. Il s’agit tout d’abord du quotidien d’une grande partie de notre population, de l’avenir de nos jeunes et par conséquent, de la société que nous construisons.
Or, comment sociabiliser des enfants, des adolescents, des jeunes sans les outils indispensables que sont les centres culturels, les espaces sportifs, les locaux associatifs, les écoles, les dispensaires, les jardins… Comment construire le futur citoyen, donner une éducation, apprendre le civisme et tout simplement permettre à une jeune de vivre sa jeunesse, si on fait de lui un enfant du béton, avec tout ce que cela implique de frustration, de rancœur accumulées.
Puisse nos élus en charge de ces dossiers et les entreprises et opérateurs immobiliers ne pas songer qu’au profit financier immédiat mais privilégier le facteur humain et le profit sociétal sur le long terme.
Notre projet de société commun est bel et bien de remettre l’humain au centre de nos préoccupations, il serait paradoxal que nos villes soient des lieux d’exclusion et de marginalisation : au contraire, la ville, la cité, le quartier… sont des lieux de repères identitaires. Nos jeunes, tout particulièrement, y sont attachés tout comme leurs parents étaient liés à leur douar, leur région d’origine.
Il faut donc en faire des «lieux de vie» et pour cela consulter et associer la population, et particulièrement la jeunesse, à la construction de son environnement immédiat. Leur permettre de s’approprier leur quartier, leur ville et non pas de s’y faire dévorer.

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