Post-Scriptum : ce n’est pas l’ouverture l’ennemi de l’identité, mais bel et bien le repli…

Post-Scriptum : ce n’est pas l’ouverture l’ennemi de l’identité, mais bel et bien le repli…

Cependant il faut les poser, se les poser dans un esprit constructif, dans un esprit d’ouverture, avec une volonté de renforcer la cohésion et de dépasser les crispations identitaires. Le pourtour méditerranéen  – encore plus que d’autres régions, peut-être-  est une terre de brassage, de métissages, de confluences…Pourtant à l’heure actuelle , la tentation du repli identitaire est pesante. Dans les périodes de fragilité et de précarité économique, dans les périodes de doute, cette tentation trouve un terreau plus fertile et certaines forces en jouent pour tenter de fermer portes et fenêtres, pour chercher à «rétrécir» l’identité et enfermer –notamment la jeunesse- dans une identité tronquée, fermée et hermétique à l’Autre. Alors que la force et la richesse d’une identité résident dans sa confiance en elle –même, son absence de complexes et l’acceptation de sa diversité, de sa pluralité, dans l’optimisation de toutes ses dimensions. Vendredi, la Fondation  Anna Lindh, présidée par André Azoulay,  présentait les résultats d’une formidable  enquête réalisée justement dans les pays méditerranéens , il en ressort que c’est  cette diversité -héritage de notre passé et atout pour l’avenir- qui fait la force de cette région . Deux pièges guettent cependant cette pluralité dans ces pays : celui tendu par les tenants de l’enfermement, du repli identitaire, et celui tendu par ceux du rejet, qui veulent diviser, séparer. Les deux sont suicidaires ! Ce qui a fait la richesse humaine et culturelle du pourtour méditerranéen est bien justement ce brassage, ce métissage, ce mélange. Le phénomène des migrations a d’ailleurs de tout temps favorisé ce mixage, cette mixité et a contribué à forger une identité aux nombreux points communs entre les pays de la Méditerranée. Pour prendre un exemple qui nous est familier, prenons celui de notre langage : la «darija» n’est-elle pas un superbe exemple, où se mêlent mots et expressions arabes, berbères, français, espagnols… Et puis cette identité plurielle n’est-elle pas l’un des meilleurs garants du bien vivre ensemble, où en se connaissant mieux, en étant conscients de qui nous sommes, en étant confiants en ce que nous sommes et en assumant notre diversité…nous serons d’autant plus capables de comprendre autrui, de nous ouvrir à l’ Autre, de nous «frotter» aux autres cultures… Ces cultures qui justement sont le terreau –et en même temps le ciment- qui unissent les populations du pourtour méditerranéen, et qui font qu’un habitant de l’un des pays qui le composent ne sera jamais vraiment un étranger pour un habitant d’un autre de ces pays.

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