Post-scriptum : Cessez-le-feu !

Franchement, nous n’avions pas besoin de ça ! ça ! c’est de la polémique au sujet du Sidaction dont je veux parler. Dans cette même chronique -il y a quelques mois- j’exprimais la crainte de voir le paysage associatif marocain se mettre à ressembler à notre paysage politique… Et bien nous y voilà! Quelle devrait être ici la seule vraie question à poser ? «Les malades atteints du Sida trouveront-ils leur compte dans cette initiative?». Or, c’est à un tout autre débat que nous assistons. Au-delà de ce cas précis, il me semble que cela révèle bien l’état dans lequel se trouve notre «société civile». Bien sûr qu’un réel travail est effectué par celle-ci, mais au-delà de cette constatation -certes primordiale mais un peu courte- il convient de «creuser». D’abord, cette société civile qui monopolise le devant de la scène est très souvent composée de personnalités du «Maroc d’en haut», ce qui n’est certes pas une tare mais oblitère -et quelque part empêche- l’émergence d’un vrai mouvement associatif, issu de la base, de la population elle-même. Cela pourrait être un moindre mal, mais les dommages collatéraux sont importants, lorsque ces mêmes représentants de la société civile deviennent interchangeables et -tout en s’embrassant à longueur de journée- passent leur soirée à s’entre-déchirer dans les salons. Rumeurs, méchancetés, jalousies, crocs-en-jambes… sont le quotidien de cette société civile-là… Cela a pour conséquence première de voir les citoyens et citoyennes modestes perdre confiance dans le travail associatif et commencer à assimiler ses représentants à ceux des partis politiques… Le danger est là : voir les Marocains(es) se détourner de l’engagement militant : que va penser, par exemple, le malade du Sida ou le généreux donateur de l’actuelle polémique sur le Sidaction!!?? A force de tentatives de déstabilisation d’associations «concurrentes» (comme si ce terme avait lieu d’être ici), de tentations de récupération ou autres calomnies visant à décrédibiliser les personnes, en se cachant derrière l’anonymat du «on» (et croyez bien que je sais de quoi et de qui je parle), nous allons finir par détruire ce que nous peinons tant à bâtir. Pourtant, un mouvement associatif émerge réellement dans les quartiers, les bidonvilles… chez les jeunes, les femmes, les personnes handicapées… Pourtant, des signes de reconnaissance se tissent entre associations et responsables associatifs «de terrain»… C’est ce mouvement-là qui donne espoir, c’est lui qui inspire confiance et si ce n’est pas lui qui truste les fonds, c’est lui qui représente la population dans ses profondeurs. Il n’est pas trop tard et le courage, la probité, la justesse du combat sont -malgré tout- les vertus qui dominent notre mouvement associatif -terme qui devrait remplacer celui de société civile, trop élitiste-. Souhaitons que la raison l’emporte sur les (bas) instincts.

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