Post-scriptum : «Dayma Fania»

Post-scriptum : «Dayma Fania»

C’est une association de jeunes comme il s’en crée de nombreuses à travers le pays, à ceci près que cette association a une spécificité : il s’agit d’une association artistique. Or son nom —à double sens— indique cette particularité «Dayma Fania» c’est à la fois «l’artistique toujours» et en même temps «Dayma» étant l’ancien nom d’un ancien quartier de Casablanca «Hay Lalla Meryem», «Dayma Fania» montre la volonté des jeunes qui en sont les fondateurs de se reconnaître dans l’identité de leur quartier, de s’y ancrer, de rester proches de leurs repères. L’identité des jeunes Marocains aujourd’hui n’est pas tant celle d’une lointaine région d’origine —souvent d’ailleurs celle des parents— mais bien plus celle du «hay», du «derb», là où ils sont nés ou là où ils ont grandi… A la base de cette association qui a vu le jour la semaine dernière, un groupe de jeunes breakdancers —talentueux et volontaires— qui ont fait de leur art une «raison de vivre» et qui s’y donnent corps et âme. Conscients que dans notre mode de vie urbain actuel, la musique, la danse, le théâtre, l’expression corporelle… sont devenus des éléments essentiels de l’identité culturelle de la jeunesse, ils veulent mettre leur talent au service d’autres jeunes dans d’autres quartiers populaires, organiser et multiplier les rencontres artistiques «de proximité» qui ne nécessitent pas de gros budgets mais ont un fort impact et permettre aux multiples jeunes artistes qui peuplent nos quartiers de trouver la «voie» et la «voix» pour s’exprimer. Une autre façon efficace d’enrichir ce que l’on appelle la «nouvelle scène marocaine». Si vous voulez un aperçu de leur talent, allez consulter leur skyblog : «Dayma 4 life» et vous aurez une vision de ce que notre jeunesse urbaine charrie à l’heure actuelle comme courants, influences et confluences artistiques. De la dance au sport —notamment l’acrobatie— il n’y a qu’un pas, c’est pourquoi je voudrais aussi saluer ici ce qu’un groupe de 8 jeunes originaires de Hay Mohammadi sont en train de concrétiser. Après avoir constitué un groupe de jeunes acrobates baptisé «Accroche-toi», ils ont eux aussi créé une association «Parkour» dont l’objectif est de propager le goût et l’envie pour ce nouveau sport au Maroc, au sein de la jeunesse.Si par certains côtés l’engagement associatif peut montrer des signes d’essoufflement ou être «dévoyé» à des fins mercantiles, il trouve un écho grandissant auprès de nos jeunes. Encourageons-le, préservons-le, aidons-le à s’exprimer cet engagement, car c’est un bien précieux.

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