Post-scriptum : Débattre sereinement

Post-scriptum : Débattre sereinement

Parce qu’une association luttant pour le droit des femmes- en France- « Ni Putes Ni Soumises » souhaite s’implanter au Maroc et parce qu’une association d’homosexuels basée en Espagne, vient rencontrer des ONG œuvrant pour les droits de l’Homme au Maroc, nous serions sens dessus-dessous ???
Allons donc, il faut tout de même raison garder : serions-nous si peu sûrs de nous que nous ne puissions débattre sereinement –entre nous- de sujets qui ne sont pas mineurs et que l’on ne peut évacuer sans même avoir pris la peine de se parler. Dans tous les pays du monde, les grands sujets de société sont débattus, dans la presse, au Parlement, dans des tables rondes, dans les partis politiques, les associations… pourquoi n’en serions-nous pas capables ? Pourquoi faut-il qu’aussitôt nous jetions l’anathème sur les uns ou sur les autres  et nous invectivions sans même écouter les divers arguments. Essayons de faire le point sereinement et dans la tolérance : l’association « Ni Putes Ni Soumises », ne l’oublions pas, est composée de jeunes femmes maghrébines –dont de jeunes Marocaines et elle agit avec efficacité en France. Notre contexte à nous est différent : le Maroc n’est pas la France et bien des sensibilités et des valeurs sont à prendre en compte. Il n’est donc pas anormal que le ministère de l’Intérieur pense qu’il ne serait pas judicieux qu’une telle structure soit «décalquée» à l’identique dans notre pays. D’où la nécessité d’un dialogue : l’association peut comprendre nos arguments et se rendre compte ne serait-ce que son propre intitulé peut poser problème. Pour autant nier les problèmes de nos jeunes filles serait vain et l’apport de l’association peut être utile s’il est adapté à notre contexte. Parlons-nous donc !
C’est pourquoi je ne partage pas l’avis de mon confrère Driss Ajbali, chroniqueur d’ALM, lorsqu’il dit qu’au Maroc, nous  n’avons pas ce type de violence : nous ne sommes malheureusement pas immunisés contre les machos de petites factures et autres voyous. La forme est différente peut-être mais combien de jeunes filles et de femmes pourraient témoigner de leurs souffrances…
Quant à l’association présidée par Samir Bargachi, un Marocain (car le fait de vivre à l’étranger ne lui enlève en rien sa marocanité) et qui milite pour plus de compréhension sociale pour les homosexuels, on peut bien sûr ne pas être d’accord avec sa démarche, mais peut-on pour autant nier la question qu’elle soulève. N’y aurait-il pas d’homosexuels marocains?
Alors, cessons de nous boucher les yeux et les oreilles, cessons de nous insulter et –sans provocation- en respectant tout ce qui fait nos valeurs, acceptons de parler. Notre religion enseigne la tolérance et recommande le dialogue : utilisons l’une et l’autre pour créer du « bien social » et non provoquer des brèches.

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