Post-scriptum : «Donner du temps au temps…»

J’adore cette formule de feu le président Mitterrand, elle signifie tant dans son raccourci! Etant un enfant de cette communauté marocaine de l’étranger, ayant participé à des «combats» depuis les années 80, je ressens «à fleur de peau» tout ce qui de près ou de loin touche notre «diaspora». D’ailleurs, les jeunes auxquels j’essaie de transmettre mon expérience associative, ici dans les quartiers populaires de Casablanca, Rabat, Salé… se moquent affectueusement de mon côté «zmagri». Comme tout un chacun, j’ai savouré le discours de Sa Majesté le Roi dont l’objectif est d’assurer aux citoyens marocains de l’étranger la possibilité d’exercer leur droit de vote. Pourquoi donc, aujourd’hui, cette frénésie qui agite certains esprits se revendiquant représentatifs de cette communauté. Parce que l’échéance 2007 a été écartée, parce qu’il paraît impossible d’organiser une telle consultation dans les conditions adéquates en de si brefs délais?
Mais -que je sache- aucune date n’avait été fixée pour la mise en œuvre de ce droit ! Et très sincèrement s’il s’agissait de bâcler une aussi précieuse expérience pour satisfaire quelques appétits au mépris de la réussite même de cette initiative, alors non !
L’enjeu est trop important, les perspectives sont trop lourdes de sens pour prendre le risque de se fourvoyer. «Donner du temps au temps» prend ici toute sa valeur : en effet, il faut du temps pour devenir un candidat crédible, il faut du temps pour organiser des campagnes électorales équitables, sous peine de voir l’élection, elle-même, «confisquée». Il faut du temps pour tous les aspects techniques d’une telle consultation ! Alors, soudainement, on entend tout et n’importe quoi : on nous jette à la figure les «fabuleux montants» de devises qu’envoient nos compatriotes de l’étranger; on nous ressort l’argument éculé du «les immigrés sont traités comme des vaches à lait»; sans même avoir relu le discours royal, on crie à sa «non-application». Quelle «diarrée verbale» ! Comme on aimerait entendre d’aussi belles voix lorsque l’un des nôtres est victime du racisme, lorsque des lois scélérates faisant des immigrés «des boucs émissaires» sont votées… Visiblement, l’indignation est à géométrie variable ! Laissons ceux qui travaillent, préparer les conditions idoines pour une telle participation des Marocains de l’étranger aux élections, aidons ceux qui le souhaitent à s’y préparer, réfléchissons aux «garde-fous», efforçons-nous d’être à la hauteur de l’enjeu et prenons surtout la peine d’écouter le cœur de notre communauté et non pas seulement ceux qui s’en autoproclament hérauts. Et d’ici la prochaine échéance électorale, croyez moi, il y a du «pain sur la planche» et bien des «chantiers» à ouvrir… A mon petit niveau, je vous en propose un  : efforçons- nous de «réconcilier», rapprocher,  faire se rencontrer réellement et non pas seulement  se côtoyer, nos deux jeunesses, celle du Royaume et celle vivant à l’étranger. Ce sera là par contre gagner du temps sur le temps !

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