Post-scriptum : Gagnant-gagnant

Post-scriptum : Gagnant-gagnant

L’INDH a des effets secondaires, inattendus et salutaires : elle réussit même à amener de nouvelles pratiques dans les  relations bilatérales avec les pays partenaires étrangers. Je m’explique : dans le cadre de sa mission de coordinateur national de l’INDH, le gouverneur Aziz Dadès a été amené la semaine dernière à aller rencontrer à Paris – pour une réunion de travail – le Haut commissaire chargé de la Lutte contre la pauvreté, Martin Hirsch. Et le gouverneur a eu l’idée novatrice et audacieuse de se faire accompagner de trois  Franco-Marocains pour ce rendez-vous : Hamid El Jomri, expert et membre du CCME.
Nadia Bentaleb, présidente de Migrations et Développement et moi-même, en tant que responsable associatif partenaire de l’INDH mais aussi parce qu’ami de longue date de Martin Hirsch, avec qui j’ai partagé des années au sein du cabinet de Martine Aubry. L’intérêt de cette démarche voyant un responsable marocain se faire accompagner  de Franco-Marocains pour rencontrer un responsable français a eu des effets visibles et palpables immédiatement, puisqu’un climat de «connivence», d’entente, de sentiment d’être en terrain commun et connu s’est aussitôt installé. D’où, un responsable français très à l’aise et un responsable marocain conforté : pas de langue de bois, pas de misérabilisme, pas de circonvolutions inutiles mais au contraire une discussion directe, allant droit au but et trouvant rapidement les voies –et les voix- d’un  partenariat efficace. Très sincèrement, j’ai eu le sentiment d’assister à une sorte «façon de faire» porteuse d’avenir où les bi-nationaux jouaient pleinement leur rôle  de «trait d’union», une sorte de nouvelle méthode où les Marocains de l’étranger méritent le nom  «d’ambassadeurs» , des deux pays qui sont les leurs.  Martin Hirsch ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour le souligner et le gouverneur Dadès a pu savourer  la justesse de son geste.
Au-delà de nos personnes, un enseignement en est à tirer : puisse les politiques, les ministres, les chefs d’entreprises… marocains, lorsqu’ils se déplacent à l’étranger avoir une telle démarche et se faire accompagner , s’entourer des Marocains vivant dans ces pays. Nous avons tout à y gagner: efficacité, rentabilité, temps gagné, «économies» réalisées, confiance instaurée d’emblée grâce à un langage, un vécu communs… 
D’ailleurs, le fait que ce soit l’Initiative nationale pour le développement humain qui ait servi de  cadre à cette méthode me semble particulièrement savoureux puisqu’il s’agit bel et bien de mettre en avant le capital humain, de faire appel aux ressources humaines ;  et c’est bien de cela qu’il  s’agit : saisir les atouts !
«Gagnant – gagnant», titre de ma chronique d’aujourd’hui résume parfaitement la démarche. Je terminerai donc par l’INDH, le Maroc pour réussir cette belle utopie – dans le sens noble du terme – a besoin de mettre en synergie toutes ses énergies : le mouvement associatif a besoin d’être conforté, les acteurs sociaux ont besoin de se former encore et toujours, de se perfectionner… pour cela, toutes les expertises, toutes les compétences des pays amis sont les bienvenues. «Aucune leçon à donner mais des expériences à partager, des échanges à faire fructifier», c’est la belle conclusion à laquelle sont parvenus Martin Hirsch et Aziz Dadès, et je vous assure que les trois Franco-Marocains ont savouré d’y avoir modestement contribué.

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