Post-scriptum : Honteux !!!

Ancienne Medina de Casablanca, une petite place plutôt sympathique jouxtant le Stade Philips, juste en face du bâtiment de la MAP. Un groupe scolaire s’y dresse : deux écoles primaires; El Hansali et El Moutanabi ainsi que le collège Halima. On y voit les vestiges d’un très beau bâtiment datant de 1912 et qui mériterait d’être classé le non du constructeur de l’ensemble y figure encore «Augustin Sourzac». Les jeunes de l’Association «Jeunes sans Frontières» œuvrant dans le quartier de Sidi Belyout, avaient décidé d’y organiser une opération «propreté» mercredi, jeudi et vendredi. Ils ne s’attendaient sûrement pas à une telle désolation : la première chose qui frappe à l’esprit lorsque l’on arrive devant le groupe scolaire, c’est l’état des drapeaux ornant les devantures. Peut-on d’ailleurs encore appeler cela «drapeaux» ? Et dire que tant des nôtres sont morts pour ce symbole, et dire que des centaines de gosses  passent chaque jour devant cet attribut de notre souveraineté ! Quel respect, quel amour du pays peut-on espérer leur transmettre ?
Le pire nous attendait cependant à l’intérieur : l’école El Hansali méritait tout simplement le nom de dépotoir : détritus, ferraille, ordures de toutes sortes jonchant la cour où des rats s’en donnent à cœur joie… L’école El Moutanabi, quant à elle, entre une bibliothèque aussi vide qu’un désert, un matériel délabré et un «terrain de sport» où ne subsiste qu’un seul poteau de football, rouillé, elle ne peut offrir la moindre envie d’apprendre aux enfants. Que dire du collège où étudient des adolescents et dont aucune des toilettes ne compte de porte ! Et je passe sur les odeurs d’urine, les herbes folles et la crasse… Les jeunes militants associatifs ont donc été accueillis à bras ouverts par les directeurs, les enseignants et les élèves et en trois jours de travaux, les locaux ont retrouvé une certaine propreté et un zeste de dignité. Le personnel enseignant y est d’ailleurs admirable de dévouement entre une enseignante d’éducation physique qui découpe des brassards dans ses robes usagées et la responsable de la bibliothèque qui recherche inlassablement le plus petit livre, malheureusement sans grand succès. Les jeunes de l’Association «Jeunes sans Frontières» ont apporté une bouffée d’oxygène et pour rendre à César ce qui est à César, il faut saluer la capacité de réaction du gouverneur d’Anfa, Si Benboubker, qui alerté par les jeunes, a contacté la société Sita, envoyé ses équipes et déclenché un premier plan d’aide.
Il ne m’appartient certainement pas de désigner telle ou telle absence de responsabilité mais le constat m’a attiré et au moment où SM le Roi a lancé avec tant de force «l’Initiative nationale pour le développement humain», je pense qu’à l’image de ces jeunes et du gouverneur nous ne pouvons rester passifs. Si donc vous disposez de livres, de petit matériel sportif (ballons, jeux de quilles, maillots…), de fournitures scolaires, si un «menuisier bienfaiteur» est prêt à mettre des portes aux latrines…
Bref, si tous ensemble nous sommes prêts à un geste, alors n’attendez pas : faites parvenir tout cela directement aux directeurs –sur place-. Peut-être cela aura-t-il aussi le résultat de «culpabiliser» ceux qui doivent l’être!

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