Post-scriptum : Identité, diversité et…changement

Post-scriptum : Identité, diversité et…changement

Chaouki est en quelque sorte le Gaston Lagaffe du 20 février, lui qui la semaine dernière reconnaissait que le 20 février n’était QU’un mouvement de protestation, récidive cette semaine en déclarant que «Mohamed Fizazi –par ses déclarations appelant à débarrasser le 20 février des mécréants- montre qu’il y a un pacte entre l’Etat et la Salafiya» (re sic). Dans l’absurde il serait possible de lui renvoyer «l’argument» en disant qu’au contraire les propos de Fizazi ont -en fait- pour objectif de rassurer ceux que la présence des «barbus» aux côtés des membres du 20 février, inquiète…Et bla, bla bla et bla, bla, bla… Nous n’en sortirons pas puisque ce «mouvement de protestation» est un attelage de «mouvements» contraires… ce qui l’empêche de fournir la moindre proposition sous peine d’implosion !
Les jeunes de ce mouvement les plus francs et sincères dans leur démarche , avec qui l’échange est intelligent, constructif, respectueux, le sentent bien qui cherchent à se défaire de «l’étau» qui les asphyxie, il faut les y encourager. L’une des meilleures manières de les y «aider» est de produire du discours, de donner des référentiels… la volonté de légitime changement peut en effet s’appuyer sur de nombreux éléments clés de notre histoire, de notre identité, le Maroc n’est-il pas une terre de brassage ! Ce qui peut sembler être un lieu commun mais qu’il n’est pas inutile de réaffirmer. Métissage de populations, confluence de cultures, mélange d’influences… c’est ainsi qu’au fil des temps s’est forgée l’identité marocaine, riche, diverse, plurielle, solide. Le Maroc doit s’employer à préserver et faire fructifier cette pluralité, cette diversité, celle de générations de Marocains ouverts sur le monde…issus  de «la confluence»… Il lui faut s’y employer en s’efforçant de faire progresser la modernité «bien comprise», d’incarner des valeurs, de faire circuler les idées, de faire une place responsable à la jeunesse qu’elle que soit son origine sociale, de lui permettre d’accéder a la dignité … de valoriser «l’arche du pont humain» que constitue sa diaspora, qui relie le Maroc au monde… Cette «spécificité» marocaine n’est pas une vue de l’esprit et plus que jamais elle s’efforce d’assurer sa pertinence à un moment où les pays de la région se cherchent «une voie». La pluralité de l’identité marocaine est ainsi un atout considérable dans la recherche du progrès, de la construction d’une société plus juste, plus solidaire, moins inégalitaire, car la diversité est source de débats, de confrontations des idées, de «frottements» des opinions, et donc de progrès, d’avancées… Le «conflit» en tant que moteur ! Pays où les manifestations de revendications, de protestations, de propositions…ont toujours existé, le Maroc est ainsi «mieux outillé» pour assumer et répondre aux exigences d’aujourd’hui. La question identitaire se retrouve d’ailleurs au cœur du débat et cela est bienvenu : langue(s), affluents culturels, repères… reconnaissance des «différences», des spécificités, que la régionalisation peut satisfaire, sans remettre en cause l’unité de la Nation…, etc.  Fouad Laroui qui sort un remarquable ouvrage intitulé «Le drame linguistique du Maroc» apporte d’ailleurs un éclairage savoureux sur la question de l’identité et je ne résiste pas à vous en délivrer une «anecdote» : sur «Al Aoula» le 3 février un reportage réalisé dans un hôpital à Casablanca montrait des médecins s’exprimant en DARIJA, employant le FRANCAIS pour les termes techniques, les sous-titres étaient en ARABE et une voix doublait en BERBERE… En quelques mots, Fouad Laroui place la question de la langue au cœur de la question identitaire, l’identité étant elle-même centrale afin d’œuvrer intelligemment pour le changement. … La diversité -des hommes et des opinions- est un merveilleux outil pour édifier le Maroc moderne et juste, respectueux de tous et de chacun.

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