Post-scriptum : Jeunesse (s)

Post-scriptum : Jeunesse (s)

Je vous ai habitués -tout au long de mes chroniques- à essayer de porter un regard «intérieur» sur nos jeunes : beaucoup de choses ont changé et beaucoup de choses restent à changer !
Le mouvement associatif de terrain connaît un véritable essor et grâce à l’engagement des jeunes, le paysage culturel, social, sportif de nos quartiers change, nos scènes musicales vivent un réel renouveau avec leurs talents, les concepts de civisme, de citoyenneté reprennent des couleurs par leur approche nouvelle… mais de l’autre côté de la médaille demeurent les miroirs aux alouettes que sont les tentatives de l’immigration clandestine, de l’embrigadement extrémiste, ou encore les faux «refuges» que constituent la drogue, l’alcool, la résignation… Le mouvement sportif, la fameuse société civile, le monde politique continuent à ne leur offrir que des rôles subalternes… et trop souvent nous continuons à donner à notre jeunesse le sentiment que nous ne l’aimons pas. Dire tout cela ne signifie pas que le découragement doit prévaloir, bien au contraire, cela permet de mesurer le chemin parcouru et d’évaluer celui qu’il nous faut encore emprunter.
Quid -quant à elle- de notre jeunesse de l’étranger ? Là aussi, il est nécessaire de faire un bilan pour éventuellement réévaluer notre action. Or là, en l’occurrence, nous ne sommes pas les seuls à agir : les pays d’accueil ont une large part de responsabilité à assumer : si le mal-être des jeunes d’origine marocaine est palpable dans leurs pays de vie, il faut aussi dire que leur malaise, lors de leur retour dans le pays d’origine, n’en est pas moins réel.
Les raisons en sont multiples : psychologiques, culturelles, sociales; il en est une cependant sur  laquelle l’ont peut -et l’en doit- agir : le manque croissant de communication, et par là-même, d’entente entre jeunes Marocains de l’étranger et jeunes du Royaume.
Certes, des différences existent entre ces «2 jeunesses» : environnement social différent, systèmes d’enseignement aux antipodes, niveau de vie sans commune mesure, infrastructures d’épanouissement (culturelles, sportives, éducatives…) sans comparaison; mais leurs ressemblances sont patentes : désir de s’en sortir, potentialités, talents très riches, fonds culturel identique, goûts très proche et surtout même désir d’avenir, même génération «d’idées».
Pour l’une comme pour l’autre jeunesse, existe un dénominateur commun : la marocanité ! C’est là notre -et leur- principal atout, et principal levier grâce auquel il nous est permis d’agir. Pour l’une comme pour l’autre jeunesse, une génération a un rôle primordial à jouer, notre génération ! Celle des «quadras» bénéficiant d’une réelle implantation psychique, culturelle, citoyenne… dans l’un et l’autre pays: le Maroc et la France (ou la Belgique, la Hollande, l’Allemagne…). Notre génération : celle des «grands-frères» située entre les parents et les ados d’aujourd’hui, qu’incarnent, par exemple, Mohamed El Gahs, Driss Ajbali, Rochdy Zen, Abdellatif Benazzi, etc.
Notre génération: autant à l’aise dans le pays d’origine que dans l’un des pays d’accueil. Notre rôle aux côtés de notre jeunesse, des 2 côtés de la Méditerranée peut être un réel atout pour la génération des «15-25 ans». Génération de toutes les attentes, de tous les espoirs mais aussi de tous les dangers. Notre pays a pris conscience de l’ampleur du «défi jeunesse» et a commencé à agir pour qu’il ne se transforme pas en «péril jeune». Il nous faut transformer l’essai en donnant les bons outils à nos jeunes, pour construire leur vie et notre avenir.

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