Post-scriptum : La carte d’électeur, pour quoi faire ?

Post-scriptum : La carte d’électeur, pour quoi faire ?

Cette question revient inlassablement dans la bouche des jeunes à qui l’on s’adresse pour les inciter à s’inscrire sur les listes électorales. Or, à compter du 5 avril et pour une période de 1 mois, ces listes seront ouvertes pour justement permettre à ceux qui ne possèdent pas leur carte d’électeur de se la procurer.
C’est dire s’il va falloir faire preuve de pédagogie, de persuasion, pour répondre à cette question essentielle : pour quoi faire ?
Certes, les jeunes ne sont pas les seuls visés par cette révision des listes, mais la jeunesse constitue une cible privilégiée. Tant par son nombre (70% de notre population a moins de 30 ans), que par sa position dans une perspective d’avenir, que par son pouvoir de mobilisation, notre jeunesse doit être le fer de lance d’un renouveau de la citoyenneté.C’est dans cette optique que se situe la campagne initiée par le réseau Maillage depuis novembre dernier «La carte d’électeur : mon passeport pour choisir». Impulsée lors de «Saout Chabab» : le Grand Oral de la jeunesse, cette campagne de sensibilisation se fait aujourd’hui sur le terrain, au cœur des quartiers. D’autres initiatives se multiplient dans ce sens, dans le même but d’incitation : celle de Daba 2007 ou celle de «Positive Attitude» qui a enregistré une chanson intitulée «Man skoutch» sur ce thème et le chanteur Bigg prépare un clip destiné également à la mobilisation de la jeunesse… Bref, tout le monde est sur le pont !
Quid du côté politique ? Certains partis ont saisi l’urgence et l’importance de l’enjeu et s’emploient à y répondre. D’autres malheureusement n’ont toujours pas su (ou voulu) comprendre la nouvelle donne et jouent encore avec des cartes éculées… La sensibilisation doit être la première étape, suivie ensuite de celle de la mobilisation : s’inscrire sur les listes électorales et obtenir sa carte puis, en septembre, aller voter. Cela passe par une présentation claire des programmes des différents partis et des candidat(e)s, par l’explication du rôle de député, de la fonction du Parlement… tout cela relevant des politiques. Entre en jeu le rôle du tissu associatif : celui de la conscientisation. L’un des préjudices les plus grands nous guettant à l’orée de cette campagne est la confusion des genres !
Je voudrais vous livrer deux réflexions tirées des débats initiés sur le terrain : la première étant un argument qui semble «faire mouche» auprès des jeunes : le vote sanction !
C’est en effet l’une des possibilités qu’offre la carte d’électeur, vous ne savez pas pour qui voter ? par contre, vous savez sûrement qui vous voulez sanctionner ; c’est aussi cela voter: pourquoi éliminer ! Deuxième argument : le vote blanc ; en effet, mettre un bulletin blanc dans l’urne n’est pas anodin : c’est exister, utiliser sa voix mais montrer une opinion. En quelque sorte, un vote protestataire qui offre une voie autre que celle qui consisterait à voter pour des «extrêmes»…
Tous ces arguments ont besoin d’être proposés à notre jeunesse afin d’élargir son champ de vision et son choix. Le plus important étant de ne pas rester passif, absent et spectateur : le pire étant, bien évidemment, l’abstention.

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