Post-scriptum : La culture «en mouvance» au Maroc

Post-scriptum : La culture «en mouvance» au Maroc

Rencontre la semaine dernière dans les sous-sols du «Boultek» au Technopark de Casablanca entre les initiateurs du «Boul’vard» et Papy (de son vrai nom Alain Degois) directeur artistique du «Déclic Théâtre» en France et ami de Jamel Debbouz –dont il a contribué à mettre le pied à l’étrier, dans les années «Impro» à Trappes. Facilitateur de cette rencontre, je jubilais sincèrement de voir ces (ré)novateurs de la culture –de part et d’autre de la Méditerranée- échanger avec passion sur les cultures urbaines. Avec dix ans d’expérience en bandoulière «les Boul’vardiers» ont acquis une légitimité qui leur permet aujourd’hui de concevoir un immense espace dédié aux jeunes musiciens, Papy quant à lui –que j’ai rencontré dans nos «années Banlieues», est actuellement une référence en France. Les voir échanger était riche   d’espoir tant les vues, les expertises et les projets des uns et des autres se rejoignaient. Il est clair qu’au Maroc, la culture bouge : celle des quartiers, celle de la jeunesse défavorisée, celle de l’inventivité, de la création, portée par le fameux phénomène «Nayda» et quelques «fous» tels Momo, Hicham, Papy, Younès Boumehdi, Driss Ksikes, Noureddine Lakhmari, etc. Hors des sentiers battus, hors des cercles officiels, les cultures urbaines sont visiblement l’espace de souffle, de liberté, dans lequel s’engouffre notre jeunesse. Et c’est tant mieux!
Allez voir  «Lkhbar f’lmasrah» du «Dabateatr citoyen» et vous aurez un exemple vivant de ce que je décris ici. D’ailleurs cette «culture underground» décoiffe tout sur son passage : musique, danse, théâtre, langage, habillement… il suffit de voir le succès de la ligne «h’mar ou beikhir».  Avoir justement vécu, avec Papy, ce souffle venu des jeunes des quartiers, en France il y a 15-20 ans, me montre l’importance de ce qui est en train de se passer… quelques élus, quelques politiques, quelques acteurs du mouvement associatif l’ont compris et accompagnent ce souffle. C’est le cas de Omar Balafrej –directeur général de Technopark- qui a ouvert grand portes et fenêtres aux acteurs de ces cultures urbaines. De la rencontre qui a réuni ces «locomotives » la semaine dernière, à celles qui se préparent va naître -j’en suis convaincu – toute une série de cultures métisses, de cultures nomades… le Maroc étant le réceptacle idoine pour l’épanouissement d’un nouveau melting –pot !
 Driss El Yazami, président du CCME, qui a bien saisi l’importance de ce phénomène émergent, lui a consacré tout un papier dans «Le Monde» cet été ; tant il est vrai que ce vent culturel transcende les frontières… physiques, sociales, raciales… Il ne faut certes pas «phagocyter» ce mouvement mais bel et bien l’aider à s’épanouir.

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