Post-scriptum : Là où ça se passe…

Post-scriptum : Là où ça se passe…

J’ai une conviction : la lutte contre l’embrigadement, contre la violence, contre le terrorisme doit se mener au cœur de nos quartiers; cette conviction s’est encore renforcée après le sit-in de Casablanca de jeudi dernier.
Bien sûr, toutes les manifestations pour dénoncer le terrorisme sont utiles et nécessaires : que ce soient les communiqués qui «dénoncent» ou les rassemblements ; mais imaginons un instant l’impact qu’aurait pu avoir un sit-in comme celui de la Place Mohammed V s’il s’était tenu au cœur d’un quartier. Définitivement oui, c’est bel et bien sur le terrain que se livre le combat contre l’obscurantisme et le terrorisme. La réflexion pour «comprendre» les ressorts du terrorisme est indispensable et elle se mène : pauvreté, pas pauvreté, fragilité morale, mentale, misère culturelle, perte de repères, manque de perspectives, sentiment d’injustice, «hogra», désespérance… aucune de ces pistes de réflexion n’est injustifiée…  même si rien ne peut légitimer de quelque manière que ce soit le terrorisme, et cela il faut le crier haut et fort. Il est tout aussi clair que l’environnement international, les «cerveaux» qui transforment nos jeunes en «chair à canon» existent également. On ne peut les ignorer !
Mais si poser les vraies questions — et aucune de toutes celles-ci n’est superflue — est indispensable pour adopter la riposte, il n’empêche que toute organisation doit aujourd’hui (re) trouver le chemin des quartiers et des bidonvilles et surtout (re) trouver les chemins qui mènent à notre population, notre jeunesse : que ces organisations soient politiques, associatives, culturelles, sportives, intellectuelles, élues… etc. Alors combien de troupes pour livrer cette bataille ? Tout d’abord la population elle-même : remarquable de sang-froid et de civisme, les forces de sécurité tout autant qui mettent leurs vies au service des nôtres ; je suis persuadé que sont également nombreux ceux qui chacun dans leur rôle — anonymement, quotidiennement, dans l’ombre — œuvrent à leur façon contre cette abomination que représente le terrorisme. Mais encore une fois (et je ne crains pas de me répéter : je le fais et le ferai car «j’y crois», et que ma foi en notre jeunesse est plus forte que tous les dénigrements), il revient aux politiques, aux élus, aux intellectuels, aux leaders d’opinion mais aussi à tous ces représentants de la «société civile» de se mobiliser concrètement, sur le terrain, au plus près de la population, c’est-à-dire là où elle vit : les quartiers. C’est là que ça se passe !
Nous avons un projet de société, nous sommes forts de nos avancées en bien des domaines, nous sommes nombreux, motivés et enthousiastes, à avoir la conviction que la voie choisie est la bonne. Nous savons que le chemin du progrès, du développement, de l’intelligence… tracé par SM le Roi pour notre pays est le seul viable, mais cela ne «se fera pas tout seul» et si notre population y est prête, il nous revient à tous de retrousser nos manches pour porter ce projet. Ne cédons rien au terrorisme, ne concédons rien sur nos valeurs et notre foi en l’avenir, ne transigeons pas…mais soyons persuadés qu’il nous faut être présents, pugnaces, efficaces là où « ça se passe » : au sein de nos quartiers, au cœur de la «Cité».

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