Post-scriptum : Les 15-25 ans…

Sûrement la tranche d’âge la plus conflictuelle et la plus ambigüe d’une vie : celle de tous les espoirs mais aussi de tous les doutes, celle de toutes les transformations, de toutes les aspirations -souvent contradictoires- période de toutes les turbulences internes et externes, où l’on quitte l’enfance pour aller vers l’âge adulte, où l’on forge sa personnalité… bref l’âge où l’on attend tout de la vie.
Pas étonnant que l’on baptise l’adolescence: «l’âge ingrat». Regardez autour de vous, dans votre famille, si vous y comptez un(e) adolescent(e) vous comprendrez vite ce que je veux dire. Or, notre pays compte des miliers, des millions de «15-25 ans» et force est de constater qu’ils sont nos «parents pauvres». Qui s’en préoccupe : tous, me direz vous? Qui s’en soucie : chacun me répondez-vous? Qui les «craint» : tout le monde, affirmerez-vous? Qui s’en occupe? Qui agit pour, par et avec eux? Qui s’efforce de les assumer ? La réponse est  : personne ou si peu !
Les mères célibataires, les orphelins, les femmes battues, les enfants des rues, les handicapés… ont tous -et c’est heureux- leurs «défenseurs», leurs avocats, leurs bienfaiteurs, leurs structures, leurs «militants»… Et encore une fois, ce n’est que justice ! Alors pourquoi nos ados sont-ils si peu «pris en charge» ? Lorsque l’on pose la question, on obtient diverses réponses : «trop difficile», «impossible», «que faire?»… etc. Il est vrai que le «créneau» est l’un des plus difficiles qui soient, ce que reconnaissent les plus sincères. Mais pour toute une partie de notre «société civile» qui ne l’avoue pas : le créneau n’est pas assez «porteur», il comporte trop de risques, il n’est pas assez «rentable» médiatiquement parlant, les résultats sont trop lents et trop peu visibles et, enfin, les mécènes ne se bousculent pas au portillon…
Et bien raison de plus, pour -en quelques lignes- vous faire comprendre l’absolue et impérieuse nécessité de s’atteler -le plus nombreux possible- à l’action en direction de nos «15-25 ans»-
Partageant en ce moment le quotidien de quelque 350 adolescent(e)s de nos quartiers périphériques, au sein du camping de jour, installé par le Réseau Maillage sur la plage de Zénata, je peux mesurer l’ampleur de l’enjeu.
Je peux mesurer l’intelligence, la vivacité, le désir de vivre, le talent de nos jeunes… mais aussi l’immensité de leurs besoins, de leurs manques, de leurs attentes.
Aussi bien en matière d’éducation, de civisme, de formation… qu’en termes de confiance, d’intérêt à leur porter, d’opportunités à leur offrir… Ces gosses ont besoin de nous tous et ils sont seuls face à leurs démons : mon appel vous laisse indifférents ou vous fait sourire, alors pauvres de nous tous, car c’est à la mobilisation à leurs côtés qu’ils nous invitent. Une absolue nécessité !

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