Post-scriptum : Les «ados» maillon vital

L’adolescence est par excellence l’âge de la fragilité mais aussi de la potentialité : c’est là que se construit la personnalité, là que se forme le futur adulte, là que s’acquièrent les connaissances du citoyen « en devenir » . Or, force est de constater que dans notre pays c’est « l’âge pauvre », « l’âge ingrat » dans toute sa splendeur : le peu de cas  que l’on fait de nos ados explique , en partie , les carences et les déboires que ces jeunes rencontreront à l’âge adulte. Souvent incompris dans notre système familial,en proie à toutes sortes de questions auxquelles ils ne trouvent pas de réponse, sans interlocuteurs, ils doivent se construire une personnalité-de bric et de broc – où l’épanouissement personnel trouve peu de place. Que dire du traitement qui leur est réservé au quotidien, dans l’administration, face aux élus, aux pouvoirs publics, aux enseignants… Mépris, humiliation, condescendance, ils comptent pour « du beurre » et leur parole a peu de prix : le mot par lequel on les désigne est d’ailleurs révélateur « brahch » Pourtant ces gosses sont formidables, cette jeunesse est belle et ne demande qu’à s’investir, s’enthousiasmer, participer.
Le mouvement associatif qu’ils sont en train de construire est sûrement le maillon le plus dynamique de notre fameuse société civile et le ministère chargé de la Jeunesse l’a bien compris et mutliplie les actions en leur direction. Mais ailleurs ? Ils sont en butte à l’incompréhension, à la non-prise en considération, aux dangers que représentent la drogue, la délinquance, l’immigration, l’embrigadement… S’ils ne sont pas «ouled flane» ils sont considérés comme quantité négligeable et en proie à des pratiques qui peuvent les jeter dans les bras de la marginalité ou de la rancune. Je consacrerai d’ailleurs un prochain texte à une pratique dont ils sont la cible privilégiée  : le «d’goumila», dont les jeunes sportifs, les jeunes artistes, voire les jeunes étudiants sont victimes. Edifiant! Malgré cela, il faut positiver et aider cette jeunesse, nos adolescents, à sortir des griffes de la marginalisation, de l’exclusion, de la relégation, de la résignation… (je pourrai continuer longuement la liste). Ainsi je voudrais saluer ici l’initiative prise par de jeunes responsables associatifs des quartiers, dont je citerai volontairement les noms : Coup de chance, Aujourd’hui Jeunesse, Grains de citoyens, Emergence, Jeunes pour la Paix, Mostaqbal, Nahda, Jeunes Sans Frontières, Jil Jadid, Action Jeunesse… qui depuis mercredi dernier ont mis en place un «camping pour ados» à Tamaris III, réservé aux jeunes des quartiers défavorisés. Grâce à la wilaya, le terrain en bordure de mer a pu être mis à leur disposition, et 5 bus de la STCR sont ainsi mobilisés pour effectuer un ramassage chaque matin dans les 10 préfectures. Ainsi 250 adolescents, encadrés par 10 animateurs du Réseau Maillage peuvent passer toute une journée, en dehors de leur quartier, 5 jours sur 7 et durant tout l’été. Il faut voir la joie et l’enthousiasme de ces «grands gosses» pour comprendre l’importance de telles actions.
Cependant, ces jeunes ont besoin de vous ! pour l’animation où ballons de mini-foot, de volley, ping-pong… seraient les bienvenus ; pour l’infrastructure où parasols, tentes… manquent ; pour le contact, le dialogue, la sensibilisation où la visite de vous autres -adultes- sur place serait l’occasion de «partager», se rapprocher, mieux se comprendre, nouer des partenariats pour l’année à venir… Pour que nos jeunes, nos ados ne constituent pas un «maillon faible», il faut y mettre le prix. Ce prix est celui de la considération, du respect, de la dignité, de l’écoute ! Pour tout contact avec le «Camping Ados» : Nabil au 063 50 38 84 ou bien Abderrazak au 065 98 81 01. 

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