Post-scriptum : L’été des festivals

Post-scriptum : L’été des festivals

De plus en plus, le Maroc devient  -en été- une terre de festivals. Cela peut d’ailleurs être à l’avenir un label touristique et un moyen d’attirer à nous une nouvelle «espèce» de touristes : jeunes, branchés, voyageant en groupes, et à la recherche d’un Maroc des sons, d’un Maroc métissé et d’un Maroc différent de celui que l’on propose aux touristes habituels.
Les jeunes Marocains issus de l’immigration représentent d’ailleurs, l’avant-garde de cette jeunesse potentiellement intéressée par le Maroc des festivals.
Il nous faut maintenant conquérir la jeunesse européenne : pour cela, une meilleure répartition des festivals dans le temps me semble nécessaire ; pour l’instant, la plupart sont concentrés en juin ou au début du mois de juillet, or, si les Marocains du Maroc peuvent en profiter –et c’est tant mieux- cette période n’est pas propice aux jeunes MRE et jeunes touristes.
Il nous revient également d’assurer une plus grande audience à l’étranger, à nos jeunes artistes qui forment la «nouvelle scène marocaine». Si Hoba Hoba Spirit, Darga, Fnaïr, Saïd Mosker, Steph Reggaman, Hakmin, Mazagan… font un tabac dans les différentes villes du Royaume où ils se produisent, il faut aider à accroître leur popularité dans les pays européens. Pour cela, le réseau des radios locales –ici et là bas- est un remarquable vecteur, tout comme nos chaînes de télévision captées à l’étranger. Les spectacles organisés par la diaspora en Europe sont aussi un excellent moyen de faire connaître nos artistes «nouvelle génération».
Se pose aussi la question de l’offre, si pour l’instant le festival de Fès et le festival d’Essaouira ont su établir clairement leur identité et en faire un réel produit d’appel, ce n’est pas encore le cas pour les autres.
Mawâzine s’est positionné cette année, Oujda surfe sur le raï, mais Casablanca n’a pas encore réussi à imposer sa marque. Or, en tant que mégapole, elle pourrait par exemple faire des «cultures urbaines» sa spécificité, d’autant plus que Casa est la ville de naissance du L’Boulevard et de la Fête de la musique au Maroc. Enfin, il est un créneau que l’on pourrait dépoussiérer et exploiter avantageusement, je veux parler de nos «Moussems», qui –si l’on s’en donne les moyens- peuvent redevenir un concept très moderne. Le public, pour ce genre de festivités, existe  en notre sein, mais aussi j’en suis convaincu, à l’extérieur de nos frontières, avide d’authenticité et de dépaysement.
Le Maroc, terre des festivals, est un beau slogan, il est porteur et si l’on sait le faire fructifier, il peut devenir un atout dans notre stratégie touristique, artistique, culturelle… avec toutes les retombées que l’on peut en attendre : financières certes, mais aussi de rayonnement et de positionnement.
Pour l’instant, l’été des festivals est un «produit de consommation intérieur», mais il peut devenir beaucoup plus.

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