Post-scriptum : Meknès : une jeunesse à l’avant-garde

Depuis des mois le jeune Omar Lebbate et son association «Chabab Bab Mansour», qui œuvre dans les quartiers de Meknès, le voulait ce festival de hip-hop. Il y travaillait avec acharnement, recherchant sponsors, sono, scène, éclairages; luttant pour obtenir son autorisation, faisant face à de nombreux sceptiques qui y croyaient difficilement, se démenant avec peu de moyens pour ses cartes téléphoniques, ses déplacements en bus ou en taxis, etc. Ce qui lui donnait cette «rage de vaincre» ? Tout simplement savoir que Meknès représente une sorte d’avant-garde en matière de hip-hop, breakdance, Rn’B… que nombre de groupes de jeuns artistes attendaient cette occasion pour monter sur scène et que les jeunes des quartiers de Meknès espéraient cette soirée, sans trop y croire… C’est cette volonté qui pousait Omar! Une première fois, il pensa être arrivé au but, hélas la guerre au Liban l’obligea à annuler. Il reprit alors son bâton de pélerin et recommença ses démarches, il trouva des oreilles attentives  de «gens de bonne volonté» qui comprirent l’importance d’accompagner ces jeunes : le Lions Club de Meknès qui crut en lui, mais aussi des personnalités tels Si Ahmed Alami, Si Zbadi, gouverneur de El Hajb, rompu au partenariat avec le mouvement associatif, et bien sûr le cabinet du wali Si Hassan Aourid… et c’est ainsi que le 16 septembre Omar et ses jeunes virent leur rêve aboutir pour une soirée de hip-hop qui restera dans les esprits : 16 groupes de jeunes sur scène, un spectacle dynamique et branché sans être vulgaire et des milliers de jeunes dansant et chantant aux rythmes métissés. D’ailleurs nombre de parents avaient fait le déplacement pour écouter cette musique dont leurs enfants raffolent mais qui les «dépasse» un peu. Ils en repartirent conquis!
Cette belle aventure a eu une morale : il nous faut absolument faire confiance à nos jeunes; leur donner la possibilité d’exercer des responsabilités, d’assumer; les accompagner sans «faire à leur place» mais sans non plus les laisser «se noyer». Car lorsqu’ils ont confiance en eux, lorsqu’ils croient en quelques chose, lorsque les portes s’ouvrent à eux, ils trouvent les moyens de se dépasser… quitte à tomber 9 fois et se relever 10. Alors bien sûr, il ne s’agit «que» d’un spectacle de hip hop diront certains… mais tout est important et il n’y a pas de petits enjeux en matière de jeunesse!
Cette belle réussite a donné des ailes aux jeunes de «chabab Bab Mansour» et une vraie crédibilité auprès de la jeunesse. Aux responsables de Meknès de les accompagner : ils sont un beau tremplin pour permettre aux jeunes de cette ville de bondir et de rebondir.

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