Post-scriptum : Merci Jamel…

Merci Jamel, Roschdy, Rachid, Samy, Sami… cette petite liste de noms typiquement maghrébins est celle des acteurs et du réalisateur du film «Indigènes». Parmi eux, deux jeunes Marocains, connus pour leur talent, bien sûr, mais aussi pour leur engagement social : Jamel Debbouze et Roschdy Zem. Figures de proue du cinéma français, ils sont également des symboles forts de la communauté marocaine en France et, de plus, deux jeunes amoureux de leur pays d’origine. Jamel Debbouze multiplie les actions caritatives notamment avec l’association «L’heure joyeuse» et Roschdy Zem a été le premier parrain du «Réseau Maillage», en lançant en 202 l’opération : «Quartiers solidaires» à Ben Abid.
Le film «Indigènes» est aujourd’hui bien plus qu’une œuvre cinématographique, il est devenu un véritable phénomène de société. Il est l’œuvre d’un jeune d’origine algérienne Rachid Bouchareb et il doit beaucoup, il doit enormèment à l’engagement de Jamel, qui s’est beaucoup donné pour la réussite  de ce projet. Aujourd’hui la force du film et la force de conviction des acteurs ont réussi à faire bouger des «lignes» immuables depuis des décennies qui faisaient des anciens combattants (marocains, algériens, sénégalais…) des victimes d’une profonde discrimination. Discrimination jusque dans le «prix du sang». Le président Chirac -touché par le film- a saisi la balle au bond et remédié à cette injustice en alignant la pension de nos anciens combattants sur celle des anciens soldats français. Beau geste qui mérite d’être salué !
Mais je vois une autre signification dans cette belle histoire : le rôle des jeunes Français d’origine maghrébine dans la France d’aujourd’hui. Non seulement ils sont une sorte de moteur dans bien des domaines- tout particulièrement artistiques- mais de plus ils ont su se ré-approprier toute une Histoire, cette de leurs parents, celle de leurs grands-parents qui -comme le dit si bien Jamel- fait partie intégrante de l’Histoire de France. Une histoire que la France avait volontiers tendance à oublier ou à passer sous silence. Ces jeunes -que d’aucuns décrivent comme sans cultures et sans racines- ont, en vérité, réussi à se positionner sur l’échelle des générations et montré qu’ils ne venaient pas de nulle part mais étaient les enfants de cette «première génération» : leurs parents, qui depuis les années 60 contribuent grandement à la construction et au développement de la France, et qu’ils étaient également les petits-enfants de ceux qui ont donné leur sang pour la liberté de ce pays. Par là-même, ils ont rendu un fier service aux générations montantes, qui, si elles savent saisir le «flambeau», peuvent être un facteur considérable de rapprochement entre le Maghreb et la France : en sachant où ils vont tout en connaissant et assumant d’où ils viennent.

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