Post-scriptum : militants !

La chronique de l’excellent Driss Ajbali, publiée ce week-end dans ALM, m’a inspiré ma propre chronique de ce jour. En effet, il y décrit ce qu’il appelle le «civilien» avec beaucoup de pertinence et rejoint dans son analyse ce qu’avait décrit il y a plusieurs mois dans «La Nouvelle Tribune» le talentueux Driss Chraïbi parlant de la «société civile» et la baptisant «société si vile !». Or, le «civilien» a son contraire, en positif, le «militant». Autant le civilien est donneur de leçons, autant il est très «paillettes» et se positionne en interlocuteur entre le Maroc d’en bas et le Maroc d’en haut (auquel il appartient d’ailleurs), autant le militant a réellement les mains dans le cambouis et apprend autant qu’il donne sur le terrain au quotidien, impliqué corps et âme dans la cause qu’il épouse. Il serait juste de (re)donner au terme militant(e) ses lettres de noblesse; or pourquoi s’évertue-t-on dans notre pays à célébrer le concept de société civile -avec ce que cela comporte de connotation élitiste- alors que c’est bien le «mouvement associatif» qu’il covient de faire prospérer. Et justement le Maroc a la chance de posséder un grand nombre de militants(e)s authentiques, sincères, impliqués aussi bien dans les quartiers; que dans les prisons; les droits de l’Homme; les causes des femmes; des orphelins; la jeunesse; la politique…
Femmes, hommes, jeunes, ils sont la fierté du militantisme et plutôt que de «dénoncer» à tour de bras, ils et elles s’emploient à construire, positiver, relier…
Ce week-end, les actualités  télévisées ont montré que le militantisme pouvait aussi aller se nicher là où on ne l’attend pas vraiment, dans un domaine où justement les paillettes sont légions : le cinéma. En effet, le festival de Cannes a été l’occasion de triompher pour un «film militant», un film qui a enfin rendu justice aux anciens combattants,  aux tirailleurs, aux goumiers… sénégalais, algériens, marocains… qui ont combattu pour la France et ont toujours été négligés, oubliés, sous-estimés… Ce film «Indigènes» doit tout à Rachid Bouchareb Roschdy Zem et Jamal Debbouze !
Et justement puisque je cite ici de jeunes Franco-Maghrébins, je voudrais revenir à mon propos initial : le militantisme. J’étais à Paris durant les 4 jours qu’a duré le SMAP-Immo-occasion  rêvée de retrouver la «jalya» marocaine de France.
Un propos est revenu souvent dans la bouche de nos compatriotes, ils déploraient la disparition des militants issus de la communauté et expliquaient que la génération des Beurs (comme on l’a appelé), c’est-à-dire la 2ème génération, qui avait beaucoup milité dans les années 1980-2000 était -par la force des choses- beaucoup moins présente et que la relève tardait à «percer». D’où l’importance; me semble-t-il, que ce soit au Maroc ou au sein de notre Communauté issue de l’immigration, de montrer respect et reconnaissance à ces militants, qui justement parce qu’ils sont militants, n’attendent et ne demandent rien. Juste reconnaitre la beauté et grandeur de terme : militant(e)s.

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