Post-scriptum : Modernité ?!

Post-scriptum : Modernité ?!

Dans son «Petit  Bonjour» de vendredi, intitulé justement «Modernité», Khalil Hachimi Idrissi posait la question «quel contenu peut-on donner à la modernité marocaine ?». A juste titre, car si un «combat» est mené dans notre pays au nom  de la modernité, c’est le plus souvent en se positionnant contre l’intégrisme et non pas véritablement pour un concept concret, précis et déterminé.
Or, la modernité ne peut se suffire d’une définition «en creux» ou «en contre» et notre société aurait besoin de prendre réellement en charge – d’abord en la conceptualisant clairement– cette problématique, pour ne pas la laisser fluctuer  à tous les vents. Pour l’instant donc si l’on tentait cet exercice que pourrait-on dire ? Que la modernité – en tout cas ici et maintenant – se définit comme l’opposé à l’obscurantisme: or pour les deux termes sûrement trouverons– nous autant de définitions qu’il y a de porteurs de modernité et de porteurs  d’obscurantisme. Or, faute de visibilité, nous ne savons guère, autrement que par intuition, qui sont les modernes : et c’est là aussi une autre difficulté car le projet de société «intégriste» est quant à lui bien plus visible et mieux défini, d’où une possibilité d’adhésion plus grande.
Peut-être alors est-ce du courage de se positionner clairement dont manquent les «modernistes», ce qui serait fatal ?
Essayons au moins d’accoler quelques mots, quelques concepts à celui de modernité pour en dessiner les contours.
Alors modernité = progrès, laïcité, tolérance, parité, respect des libertés individuelles, ouverture… ???
Sûrement à la fois tout cela et plus que cela! Que veut donc la modernité ? Porter la société et ceux qui la composent vers la, ou plutôt les lumières… mais encore ?
Car il faut aussi définir comment, pourquoi, avec qui ? Toujours est-il que tant que ce flou entourera le concept de modernité dans notre pays, nous ne ferons que retarder «l’échéance» où il faudra se positionner.
Les scrutins électoraux, les «affaires» (Ksar El Kébir, Meknès, L’Boulevard..) sont des moments où les uns et les autres se «positionnent» justement, mais là encore, en s’opposant, ce qui ne peut être suffisant pour les «modernes» puisque nous nous trouvons toujours dans la «réaction» et non dans «l’action». Il est temps de PROPOSER, de POSITIVER, de DEFINIR notre choix et notre projet, il ne suffit plus de dire ce que nous ne voulons pas, encore faut-il dire ce que nous voulons. Pour cela il nous faut nous identifier, débattre, écrire : alors à nos plumes, nos paroles, nos actes… il est temps «d’aller vers», en multipliant les rencontres, les discussions, la sensibilisation… Dans les journaux, les télévisions, les salons mais aussi, mais SURTOUT… sur le terrain !

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