Post-scriptum : Nos banlieues à nous…

L’exemple catastrophique des banlieues de France (siginfiant littéralement : «lieux mis au ban») devrait nous alerter. Avec des contextes différents bien sîr, certaines causes ne risquent -elles pas d’entraîner chez nous des effets identiques ? Quelles sont ces causes?
– Concentration dans des lieux de «mal-vie» d’une population précarisée, cumulant les handicaps.
– Chômage galopant.
– Jeunesse hyper nombreuse et oisive.
– Absence de moyens de tranports et de services publics.
– Mais aussi (voire surtout) absence d’infrastructures sociale, sanitaire, éducative, sportive, culturelle…
Bref, une population -et une jeunesse- coincées entre béton et bitume, grandissant comme une herbe folle. Or bien plus que la pauvreté matérielle c’est la misère morale; le sentiment d’exclusion, de relégation; l’absence de perspectives qui poussent à la délinquance, la résignation ou la violence. La politique menée au Maroc pour la résorption des bidonvilles et de l’habitat insalubre est indispensable, elle doit cependant s’accompagner du sens de la responsabilité des grands groupes de construction et des élus. Il ne s’agit pas de prévoir le présent mais bel et bien de penser l’avenir à long terme, voire à moyen terme pour éviter que nos nouveaux quartiers ne se transforment en ghettos urbains engendrant la violence, ce que la France n’a pas su faire. Nos quartiers populaires ne doivent pas être «à la marge», à la périphérie mais être au centre des projets : notre jeunesse est riche de ses talents divers et nos jeunes doivent être des citoyens à part entière. Outre l’indispensable accompagnement éducatif, social, culturel, sportif, sanitaire, quelques idées peuvent aller dans le sens de la prévention des dérives de nos quartiers. A titre d’exemples, il pourrait être créé un ministère de la Ville, chargé de la «mise en musique» de toutes ces politiques; conjointement il est nécessaire de réfléchir aux moyens de déculper et de pérenniser l’action des petites associations locales, de jeunes, de quartiers. En effet, si les grandes associations 5 étoiles, savent frapper aux portes des entreprises ou des pays étrangers pour trouver des sponsors, les petites associations n’ont pas les moyens de leurs actions. Pourquoi ne pas mettre en place un Fonds d’action sociale, à même de les subventionner?
L’une des graves erreurs du gouvernement Villepin a d’ailleurs été de sous-estimer les petites associations et de leur couper les vivres: le résultat est catastrophique. Dans un même temps, il me semble indispensable de créer un «corps» d’éducateurs de rues, de médiateurs, de travailleurs sociaux de proximité… à même «d’encadrer» la jeunesse dans ces quartiers. Bien évidemment, le pire n’est jamais sûr et rien d’inéluctable dans la contamination de nos quartiers par le «syndrome banlieues» n’est prouvé, pourtant une politique de prévention s’inspirant des propositions citées ci-dessus, ne peut être que favorable, permettant de faire de nos quartiers des lieux de vie et non de perdition. Nous possédons bien des atouts pour y parvenir, au premier rang desquels la richesse de notre jeunesse, le talent de notre culture de médiation, notre tissu associatif de terrain… mettons les à profit pour que nos banlieues, à nous, soient des pépinières de projets, de formation, de civisme, d’avenir… et non des vecteurs d’exclusion et de repli faussement identitaire.

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