Post-scriptum : Nos jeunes…

Pourquoi donc aimons-nous si mal nos jeunes ? Ou -en tout cas- pourquoi notre jeunesse éprouve-t-elle le sentiment d’être peu ou mal-aimée? Que l’on s’offusque ou non d’une telle question, elle doit pourtant être posée car si l’on écoute nos jeunes, de façon appronfondie et et non superficielle, c’est bien ce qu’ils ressentent. Or une société qui aime mal ou a peur de sa jeunesse est une société qui a peur de son avenir. Premier signe palpable : nous faisons fort peu de places à nos jeunes, en particulier dans les instances décisionnelles, que ce soit en politique, dans le domaine du sport, dans l’entreprise, (et c’est un comble) dans la société civile ! A la limite, on fait appel à leurs jambes ou à leurs bras mais on laisse peu de places à leurs prises de parole ou à leurs capacités à assumer des responsabilités. Autre symptôme, la façon dont nous traitons nos jeunes dans nos rapports au quotidien et notamment notre administration, avec beaucup de dédain (pour ne pas dire mépris) ne prenant pas en compe leurs demandes ni leurs propositions. D’ailleurs, lorsque l’on évoque ces jeunes, il est courant d’entendre le mot «brahch». Ceci est révélateur de la considération que nous leur portons !
Pourtant,  comme l’écrivait l’excellent Jamal Berraoui -dans sa chronique du week-end- nos jeunes sont porteurs de beaucoup de potentialités et loin d’être résignés : c’est effectivement l’encadrement qui fait défaut; j’ai, cependant, une différence d’appréciation avec Jamal, je ne pense pas qu’aujourd’hui les associations soient un «espace étriqué», bien au contraire, il me semble que se sont nos partis politiques qui sont devenus étriqués, et il faut d’ailleurs le déplorer. Pourtant, nos jeunes savent faire la part des choses : ils se réfèrent souvent aux discours de SM le Roi pour appuyer leurs thèses et montrer qu’ils sont pris en compte au plus haut niveau. Ils savent apprécier les portes qui leur sont ouvertes par un wali ou par un gouverneur, ils constatent les avancées procurées par l’action du secrétariat d’Etat à la Jeunesse, etc. Alors, pourquoi ce malaise ? pourquoi ce sentiment d’être mal-aimés ? cela méritait bien plus qu’une chronique, cela n’empêche cependant pas de chercher les causes. En fait partie, à mon sens, l’environnement dans lequel vivent ces jeunes où le béton et le bitume remplacent les bidonvilles : bien sûr qu’il y a progrès mais où est l’accompagnement social (Maisons de jeunes, centres culturels, gymnases, espaces de socialisation, infrastructures sociales, sanitaires, éducatives…); en fait également partie le comportement de notre bourgeoisie -comportement suicidaire- et de notre «élite» qui ont déserté les mécanismes de l’ascenceur social qui permet à un jeune, d’avoir des perspectives et d’espérer «faire mieux» que son père sur l’échelle de la société. Aimer nos jeunes, c’est les respecter, sans démagogie ni jeunisme, mais avec la haute conscience de leur valeur en leur transmettant des valeurs.

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