Post-scriptum : Pas de quartiers pour l’oisiveté

Post-scriptum : Pas de quartiers pour l’oisiveté

Le mois de Ramadan montre avec peut-être encore plus d’acuité à quel point les quartiers populaires de nos villes ont besoin d’animation, d’action, de mobilisation… Ce mois où les heures se font longues dans l’attente de la rupture du jeûne et où après le ftour le besoin de dépenser l’énergie que l’on vient d’ingurgiter –révèle à quel point nous manquons d’espaces verts, de squares, de bancs publics mais aussi de centres pour jeunes, de terrains de sport, d’aires de jeux… Faites un tour dans les quartiers de Casablanca, Rabat, Salé et tout autant de Meknès, Oujda, Béni-Mellal et vous y verrez avec plus de visibilité que le reste de l’année des jeunes squattent les «rass derbs», tuant le temps en paroles ou dans le meilleur des cas organisant des tournois de foot ou de basket.
En effet, Ramadan est aussi un moment où nos jeunes souhaitent s’adonner au sport : la seule question qui vaille étant «où ?». Par exemple, la tradition des tournois de foot entre jeunes d’un même quartier ou entre équipes inter-quartiers, bat son plein, et même si un effort certain a été entrepris il n’en demeure pas moins que le manque de terrains se fait sentir, et c’est pourquoi nombre de nos rues se retrouvent transformées en espaces de jeux… Ce qui ne manque d’ailleurs pas de créer conflits de voisinage et conflits inter-générations. Et malgré cela, nos jeunes se démènent -avec le peu de moyens dont ils disposent- pour que justement la jeunesse de ces quartiers ne sombre pas dans l’oisivité, bien sûr de façon plus visible en ce mois de carême mais aussi tout au long de l’année.
C’est pourquoi j’aimerais ici inviter les pouvoirs publics à «réajuster» leur vision sur les associations de jeunes, les associations socio-culturelles, les petits clubs sportifs locaux. Si -en effet- l’accent est mis tout particulièrement en ce moment sur l’emploi, l’embauche, l’entreprise… ce qui est non seulement indispensable mais vital pour l’avenir, il ne faudrait pas pour autant considérer comme accessoire tout ce qui touche à la culture, le sport, l’animation des quartiers, la musique, l’éducation par le jeu etc.(Re) donnons leurs lettres de noblesse à ces petites associations de jeunes qui s’échinent à organiser tournois sportifs, initiation aux échecs, parties de ping-pong, mini-concerts, sorties… elles méritent non seulement aides, encouragements mais aussi considération.
Dans nombre de pays d’Europe par exemple ce tissu sportif là est considéré comme une base ! Base de l’engagement associatif, base de la citoyenneté, base de l’apprentissage de la vie en société. Chez nous, nous entendons encore trop souvent «bof ce sont des jeunes!», «ce n’est qu’une association de gosses», «ce n’est pas important»  et nous avons tort! Ce sont justement ces jeunes qui prennent en main d’autres jeunes qu’il nous faut traiter avec respect et dignité car ils représentent les fondations sur lesquelles nous pourrons construire notre société de demain. Or plus les fondations sont solides…

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