Post-scriptum : peines de substitution

Le ftour organisé au Centre de réforme pour  jeunes de Oukacha, suivi d’autres ftours dans des centres identiques a -entre autres- une vertu pédagogique certaine. D’ailleurs, cette année, et il faut le souligner le ministre de la Justice, Si Bouzoubaâ, participait à cette rupture du jeûne. Pour des participants -peut-être moins habitués que d’autres- à la visite de ces centres pour jeunes, le traumatisme est réel. En effet partageant les tables de ces jeunes, le dialogue se noue, les langues se délient et les histoires se racontent. Elles sont, bien sûr, tristes forcément tristes : le parcours de ces gosses de 15, 18 ou 20 ans qui les mène à où ils sont est dû aux familles éclatées, de fréquentation douteuses, de scolarité ratée, de délinquance… car nous ne tombons pas non plus dans l’angélisme, certains de ces jeunes sont d’authentiques délinquants qui méritent leur condamnation. Il n’empêche, le nombre de ces gosses ainsi détenus depuis de longs mois, attendent toujours d’être jugés ou d’autres encore payant d’un prix lourd des délits, somme toute, mineurs… sont de vrais crève-cœur. Tout comme le nombre incroyablement élevé de ces jeunes : par exemple plus de 1000 à Oukacha pour une capacité de 600! Bien sûr, les conditions se sont considérablement améliorées et aujourd’hui la formation professionnelle, l’apprentissage, les activités diverses participent à la réinsertion de ces jeunes. Pourtant, il est une question qui ne peut plus être remise au lendemain, il s’agit du sujet des peines alternatives : sous d’autres cieux par exemple, les «travaux» d’intérêt public» ont montré leur bien-fondé et ici, au Maroc, ils trouveraient tout à fait leur créneau. Qu’il s’agisse d’opérations de propreté (plages, jardins, espaces vagues recouverts de sacs de plastique…) ou d’autres activités civiques ou encore des travaux dans les communes rurales : entretien de ruisseaux, de puits etc. Nous pourrions aussi tenter une nouvelle voie, celle de «stages de réparation» : pourquoi, en effet, ne pas faire en sorte que ces jeunes -plutôt que d’être détenus- soient insérés dans les associations dont la vocation est justement l’enfance ou la jeunesse; pourquoi un jeune «délinquant potentiel» ne suivrait-il pas un stage dans un commissariat, un hôpital, un centre de Croissant-Rouge…? Une expérience en France obligeant des jeunes ayant conduit sans permis à effectuer un stage dans un Centre de prévention routière a porté ses fruits. Cela nous obligerait par ailleurs à développer un «corps d’éducateurs» qui nous fait cruellement défaut. Rien ne semble, a priori, nous empêcher d’explorer cette voie et peut-être justement ces peines de substitution seraient-elles un moyen effciace de lutter contre la délinquance, y compris celle qui fait qu’un jeune peut entrer en prison pour un délit mineur et en sortir avec une mentalité de criminel.

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