Post-scriptum : Quelles communes pour quel Maroc ?

Post-scriptum : Quelles communes pour quel Maroc ?

Qu’on le veuille ou non, le paysage politique se retrouve tout de même modifié et localement, dans nombre de villes c’est un vrai bouleversement qui s’est produit. Quelques exemples parmi les plus visibles : tout d’abord Marrakech où aujourd’hui c’est une jeune femme trentenaire qui préside aux destinées de la ville, remplaçant un « vieux routier » de la politique de 75 ans, Mohammédia ensuite où c’est un quadra, issu de l’immigration –et qui ne doit sa réussite professionnelle qu’à lui-même- qui vient remplacer un système à bout de souffle ; Tanger également qui voit l’élection d’un jeune maire, sans «casseroles» à traîner… et les exemples sont multiples.
Tout ceci – dans la plupart des cas- est à porter au crédit du PAM : nouveaux profils d’élus, émergence de jeunes, arrivée en force de femmes… même si une hirondelle ne suffit pas à faire le printemps, il est clair qu’elle en est annonciatrice. Aujourd’hui se pose donc, avec acuité, la question de savoir ce que nous voulons faire de nos communes. Alors qu’elle est le maillon le plus proche de l’électeur, du citoyen ; alors qu’elle est le lieu où devrait le mieux s’exercer la politique de proximité, l’approche participative, l’on s’aperçoit qu’en fait il n’en est rien.
Elus lointains ou absents, démocratie locale mal en point, gestion du personnel communal archaïque, absence de vision stratégique, manque de vision globale sur le long terme… les maux sont légion.
Or, le Maroc a montré sa volonté de s’engager sur la voie de la régionalisation, il est clair que dans ce cadre, la commune est appelée à jouer un rôle prépondérant à devenir une véritable palte-forme de développement économique et social. Les nouveaux élus – avec les profils qui sont les leurs – vont devoir réaliser l’indispensable mutation, mieux, ils vont devoir l’incarner, dont ont besoin nos communes. Pour prendre l’exemple que je connais bien, celui des villes françaises, nos villes vont pouvoir s’inspirer de modèles proches et par exemple utiliser pour autre chose que du «folklore» les jumelages qui unissent les unes aux autres. Bonne gouvernance locale, optimisation des ressources humaines, consultation et coopération réelles avec la population, formation continue, vision stratégique, élaboration de projets concentrés de développement socio-économique, définition d’une véritables « politique de la ville» avec tous ses corollaires, tels sont – dans le désordre-quelques-uns des chantiers à entreprendre au niveau de la commune. Bien sûr le défi est colossal, mais il ne peut plus être remis à plus tard, et c’est là qu’intervient «l’hirondelle» dont je parlais plus haut : ces nouvelles générations d’élus (es), qui ont le devoir de le porter.

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