Post-scriptum : Quelles vacances pour «Oulad Chaab»?

Post-scriptum : Quelles vacances pour «Oulad Chaab»?

L’été est là, or si cette saison représente pour une partie de la population une bienvenue période de vacances, de loisirs, de détente… il n’empêche que pour beaucoup des nôtres – les plus modestes, les plus démunis – l’été est synonyme d’oisivité pesante, voire de vide désespérant. Pourquoi ? Bien sûr en raison du dénuement de ces familles qui ne peuvent se permettre ce «luxe» (qui en vérité n’en est pas un), mais aussi en grande partie à cause de l’absence d’une politique de loisirs de la part des villes et des communes. Sur le plan national, il faut rendre un légitime hommage au ministère de la Jeunesse, en matière de colonies de vacances et dans le domaine de formation des animateurs, qui en quelques années a su mettre en place un système efficace pour permettre à des milliers d’enfants de bénéficier de vacances. Mais en dehors de cela, qui a pris en compte ce besoin de loisirs des «Oulad Chaâb», notamment les jeunes, les «15-25 ans», qui sont véritablement laissés pour compte ?
Pour eux, c’est le «système D» qui est en vigueur: lorsqu’ils habitent une ville côtière, ce sont les plages qui les « sauvent », ailleurs c’est le coin de la rue, c’est le derb qui servent de lieu de vacances estivales… avec toutes les rancœurs, l’amertume et les sentiments d’exclusion et d’injustice que cela entraîne.
Bien sûr quelques associations s’efforcent de répondre à ce besoin des familles et des jeunes, de bénéficier d’un été de loisirs, d’activités sportives, culturelles et de détente, mais elles sont peu nombreuses et disposent de peu de moyens.
Je garde en mémoire le camping pour familles défavorisées qu’avait mis en place la préfecture de Derb Soltane il y a quelques années : le bonheur de ces mères de famille et de leurs enfants, la convivialité retrouvée, et de l’avis même des responsables de la sécurité, la baisse conséquente des actes de délinquance qui s’en était suivie au sein de cette préfecture. Une question se pose donc, s’impose même : les villes, les communes n’ont-elles aucun budget réservé à cet effet ? Et si elles n’en ont pas, les conseils d’élus ne pourraient-ils le prévoir et le voter ? Créons des centres de loisirs qui pourraient également fonctionner durant les week-ends, organisons des campings familiaux, peu onéreux ; mettons en place des camps de vacances pour adolescents ; aidons les jeunes à bénéficier de séjours de proximité… bref inventons une politique des loisirs au niveau local.
Etre jeune et n’avoir pas de perspectives pour l’été qui s’annonce est un véritable crève-cœur et que l’on ne vienne pas nous dire que «ce n’est pas le plus important», que «cela est de l’ordre du superflu», «qu’après tout, il y a beaucoup de gens – qui ont les moyens – qui ne partent pas en vacances»… et autres arguments bidons.
Le désœuvrement est lourd à vivre – en toute saison et à tout âge – mais en plein été, lorsqu’on a 20 ans, croyez-moi c’est particulièrement éprouvant et frustrant. Une politique de loisirs ne se limite pas à l’organisation de festivals (même s’ils sont les bienvenus), mais doit aussi s’attacher à proposer un vrai programme, particulièrement pour les couches les plus modestes : ce n’est pas un luxe!

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