Post-scriptum : Ramadan solidaire dans les quartiers

Post-scriptum : Ramadan solidaire dans les quartiers

Aïd Moubarak saïd : ces 3 mots viennent apporter la touche finale à un mois -qui se veut à l’origine- de piété, de recueillement et de solidarité. Même si cet esprit perdure majoritairement, force est de reconnaître que «la lettre» se perd quelque peu.
Pourtant, alors que l’on pourrait penser que les jeunes prennent quelques libertés avec les fondamentaux du Ramadan, j’ai pu tout au long de ce mois, constater à quel point les générations actuelles en font une pratique très solidaire. A titre d’exemple, je voudrais citer ce que j’ai vu : ainsi les jeunes de Sbata -regroupés au sein de l’association «Ajial Maghreb» ont dressé chaque vendredi des tréteaux en pleine rue où tous les nécessiteux de leur quartier bénéficiaient de l’offre d’un ftour.
C’est aussi à Aïn Harrouda et à Hay Lalla Meryem, que les jeunes -pourtant eux-mêmes très modestes- regroupés dans les associations «Chabab Nahda» et «Bonanza» ont procédé à la distribution de cartables et de paniers de denrées alimentaires aux personnes âgées et aux familles les plus démunies. Ce sont encore des opérations destinées aux jeunes et aux enfants menées par les associations «Soleil levant» à Derb Soltane, «Lueur d’espoir» à Sidi Othman, «Amal» à Hay Salama et «Ajial Mostaqbal» qui chaque jour – ont animé la place Rachidi, bénévolement, en organisant des tournois sportifs pour les jeunes désœuvrés de l’ancienne médina.
La liste pourrait ainsi s’étendre à bien d’autres villes telles Meknès, Béni Mellal, Salé ou encore Rabat où là ce sont 16 associations de jeunes quartiers populaires, voire de bidonvilles qui ont offert des denrées alimentaires à 500 familles à l’occasion de la Nuit du Destin…
Si j’ai souhaité vous faire part de toutes ces actions de solidarité, menées sur le terrain, sans bruit au quotidien par nos jeunes, c’est parce que – me semble-t-il- un danger guette notre mouvement associatif, même s’il est vrai que pour l’instant il touche plutôt les grosses ONG, dites de la société civile. En effet, n’y a-t-il pas risque de voir dénaturer l’esprit même de l’associatif qui est basé sur le bénévolat, le volontariat, le militantisme, le don de soi… en poussant à outrance la professionnalisation?
Vouloir l’efficacité, les résultats…. bien sûr, mais pas en se transformant en entreprises où le (la) président(e) devient un patron et les bénévoles, des salariés. C’est tout un esprit qu’il nous faut préserver, car nous n’aurions rien à gagner  en terme d’impact sur le population, sur le terrain, en passant de «l’association» à «l’entreprise». Le bénévolat doit bien sûr s’associer à la rigueur, la compétence, mais rester ce qu’il est, c’est-à-dire une forme noble de militantisme, sous peine d’y perdre son âme.

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