Post-scriptum : Saison des festivals ou festivals d’une saison

Post-scriptum : Saison des festivals ou festivals d’une saison

Le Festival Mawazine Rythmes du Monde revient du 15 au 23 mai avec une programmation prodigieuse mais gardant dans son concept le côté si important de «jeunes talents», grâce à «génération Mawazine». Ce Festival ancré dans le cœur des R’batis- de longue date- a mis les bouchées doubles depuis l’année dernière et gagné des galons sur la carte festivalière du Royaume et à l’international. Le Festival des musiques sacrées de Fès est, quant à lui, un point d’orgue, tant de par sa spécificité, qu’il a su faire fructifier que de par les grands noms de la chanson et de la musique internationales qu’il a su attirer. Troisième nom, connu et reconnu à travers le monde, le Festival gnaoua d’Essaouira, devenu un rendez-vous incontournable. Hormis ces trois «locomotives» qui tirent le «pavillon» du Maroc haut dans l’azur des festivals internationaux, existe une pleïade d’autres manifestations… Prenons quelques exemples : le Festival d’Agadir «Timitar» plus jeune dans la durée, est en train de se frayer un chemin… alors qu’à côté, le Festival de Casablanca, sans nom d’ailleurs, et sans identité, n’a jamais réussi à être autre chose qu’une suite de spectacles qui affichent les chiffres du public présent comme seuls trophées. A partir de cela, quelques enseignements peuvent être tirés ; pour qu’un festival «réussisse», il lui faut avant tout un concept, une identité clairement reconnaissable, un ancrage réel dans la ville où il puise son enracinement et surtout que la population puisse s’y reconnaître, se l’approprier. Il faut aussi qu’il « laisse des traces durables », qu’il soit attendu et ne soit pas qu’une manifestation ponctuelle, disparue dès que terminée. Il faut aussi que les organisateurs soient connus et reconnus comme ayant un lien, une attache directe avec la ville, la région du festival. Deux nouveau-nés vont tenter le pari cette année : le Festival «Al Felline» de Benslimane dont le thème sera la nature et le Festival de Mohammédia qui, cette année, veut «s’émanciper» et affirmer son empreinte…
Puissent-ils tous les deux réussir comme leurs aînés, apporter une vraie chance aux jeunes talents en leur ouvrant leurs scènes mais aussi s’efforcer de laisser «quelque chose de durable» derrière eux. Un studio d’enregistrement, une salle de répétitions pour les jeunes, un parc rénové, un jardin public aménagé… tant il est vrai qu’aujourd’hui, la population reste certes friande de divertissements mais est attentive « au plus » que cela apporte à leur quotidien ou celui de leurs enfants. «Ne pas se divertir idiots», pourrait être l’un des ingrédients d’une recette d’un festival réussi.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *