Post-scriptum : tolérance zéro

Post-scriptum : tolérance zéro

Faut-il à nouveau, toujours et encore le rappeler : le racisme n’est pas une opinion mais un délit d’opinion. Le dernier dérapage qui a vu un Marocain, M. Soufiani, intimer à un autre Marocain, André Azoulay, l’ordre de quitter son propre pays, montre l’importance qu’une telle loi soit édictée.
Le point de non-retour semble atteint en la matière d’autant plus que là encore c’est la société civile qui a senti le danger et a réagi : personnalités et associations sont montées au créneau pour dénoncer ce propos raciste, pendant que –malheureusement – nos politiques «regardaient ailleurs» et brillaient par leur silence… De silence justement il ne peut plus être question, puisque pour ceux qui sont attentifs aux mutations de notre société, il est clair que l’intolérance gagne du terrain, que le rejet de la différence, la haine d’autrui… bref les racismes… s’expriment de plus en plus ouvertement. De renoncement en renoncement, de non-réaction en silence, ne sommes-nous pas en train de banaliser le racisme, de le rendre familier, voire populaire ? Il est temps de réagir et d’agir ! Tous les jours, nous sommes témoins de propos inacceptables, vis-à-vis des Africains, des Noirs vivant sur notre sol ou en transit : écoutez les propos des passagers marocains qui voyagent dans les avions de la RAM avec des passagers sénégalais, maliens ou autres et vous serez édifiés, et je l’espère terrifiés ! Ecoutez cette bourgeoise d’Anfa, dans une boulangerie de luxe, dire à une Française qui lui faisait remarquer qu’il y avait une file d’attente à respecter que «le Maroc, c’est comme ça ! Et que si ça ne lui plaît pas, elle n’a qu’à retourner chez elle» !!! Comme quoi le racisme n’est pas l’apanage d’une classe sociale… Alors bien sûr, dans les pays européens, nos compatriotes sont souvent en butte à ce racisme, mais outre que cela n’excuse rien, au moins dans ces pays existe-t-il des lois pour réprimer ces bas instincts, et des associations ou des ONG, qui se battent sans trêve, pour les faire appliquer! L’inquiétant est que dans nos quartiers populaires, dans la population -en profondeur- l’intolérance se propage, un racisme banal, «ordinaire», ambiant qui jette l’anathème sur tout ce qui est différent ! La loi doit donc venir en bout du compte, pour réprimer le racisme, mais en amont doit exister une prévention sérieuse qui est de la responsabilité de l’école, des parents, des associations de jeunes, de ceux qui ont un ascendant (artistes, sportifs) mais aussi de nos télévisions, de notre presse… Que dire de notre classe politique, sinon qu’elle a un rôle majeur à jouer et que nous serions heureux d’entendre des ministres, des élus, des leaders… prendre position et s’exprimer sur le sujet…

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