Post-scriptum : Une femme présidente !

Celle dont je veux vous parler n’est pas Ségolène Royal, elle s’appelle Amane Aouad, elle s’inscrit elle aussi dans une dynamique du «temps des femmes» et vient d’être élue présidente d’une association de jeunes dans le quartier hyper-populaire de Sbata à Casablanca. Rien d’extraordinaire me direz-vous ; et pourtant si ! Bien sûr, la société civile compte de nombreuses responsables associatives mais là, il s’agit d’une association de quartier, de terrain, composée de jeunes, au cœur de la population ! Et cela, croyez-moi, demeure encore très rare : une femme élue présidente, vu le poids des pesanteurs mentales, des «tabous», des préjugés…
Or, notre jeunesse nous donne là une belle leçon de modernité, car ces dizaines de jeunes réunis au sein de l’association «Ajial Sbata» ont choisi unanimement de mettre à leur tête une femme. Preuve certaine de l’évolution des mentalités, ce geste montre que nos quartiers sont sûrement en train de bouger, de changer et que ce cheminement est piloté par les jeunes et par les femmes. Puissent d’autres structures encore hermétiques à ce genre d’évolution s’en inspirer.
Croire que l’élection de cette jeune femme à la tête d’une association de quartier n’a pas provoqué de remous serait angélique, en effet, autant les jeunes ont poussé en ce sens, autant certains «notables» ont vu leurs poils de barbe se hérisser : une femme venir piétiner leurs plates-bandes et donner aux jeunes de quartiers l’envie de s’engager ne pouvait être que «louche» ! Faisant fi de ces résistances d’un autre âge, «Ajial Sbata» a organsié en plein cœur de Hay Essalama une «cérémonie» d’inauguration de leur association mêlant interventions, sport, musique, annonces de formation, etc. Conscients de l’enjeu, de nombreux invités avaient fait le déplacement dans ce quartier qui «découvrait» sa jeunesse : une multitude de représentants d’associations de jeunes de tous les quartiers de Casablanca, Si Abderrahmane Mokhtari du ministère de l’Emploi, des membres du Lions Club… et Saïd Mousker, véritable vedette populaire qui a su faire monter la température de ce samedi très pluvieux. De quoi donner des ailes à tous ces jeunes, Si Mohamed, Adil, Zineb, Nabil, Omar… et tous les autres… dont la moyenne d’âge ne dépasse pas les 20 ans. La pluie, la boue, les bâches montées pour protéger qui «prenaient l’eau», le manque de moyens… rien n’a pu arrêter l’enthousiasme de ces jeunes qui de la banderole au thé et gâteaux ont tout fait eux-mêmes. Une femme présidente, des jeunes qui se prennent en main, le soutien de personnalités qui viennent sur le terrain… tels sont les ingrédients du Maroc nouveau. Bien sûr, tout cela ne se fait pas en claquant des doigts, et la patience, la confiance, l’endurance sont les clés indispensables, mais le résultat est au bout du chemin : «Ajial Sbata» en est un beau maillon…

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