Post-scriptum : Valeurs morales

Post-scriptum : Valeurs morales

Il en est beaucoup question à l’heure actuelle et malheureusement bien mal à propos, il semble en effet que sous prétexte de les défendre, on assiste en vérité à une prise en otage de ces valeurs morales. Seraient-elles à ce point menacées que certains estiment qu’il faille une «caravane» pour les défendre, et allons-nous assister à un tournoi de renvoi de balles ( au sens figuré, bien sûr) entre ceux censés défendre les valeurs morales et ceux qui n’auraient pour objectif que de les dévoyer.
Il conviendrait déjà de convenir de quoi nous parlons lorsque nous évoquons ces fameuses valeurs morales : il me semble que dans leur ensemble, elles sont universelles, même si bien sûr les spécificités religieuses, culturelles, régionales… existent. 
Citant donc quelques unes de ces valeurs unanimement reconnues : la tolérance, le respect d’autrui, l’honnêteté,  l’humanité, le respect de la vie, la solidarité…
Or il s’avère que ces valeurs ne «s’imposent pas», elles s’apprennent, elles se transmettent, elles s’enseignent, elles font l’objet d’un apprentissage tout au long de la vie, elles sont les principales vertus transmises par l’éducation, la famille, la société… et font que dans leur acceptation, elles permettent justement de ( mieux) vivre ensemble. Les valeurs morales sont en crise ? Peut-être, mais alors pas seulement dans notre pays, ce serait plutôt un phénomène mondial. Et si plutôt que de parler de crise, on parlait d’adaptation, d’évolution, de redéfinition… Il est alors légitime que chacun  se mette à la tâche : parents, éducateurs, enseignants, élus, dirigeants, partis politiques, mouvement associatif… mais là encore – là surtout- rien ne peut se faire sans la participation pleine et entière, sans l’adhésion des principaux concernés : c’est-à-dire le plus grand nombre, la population et singulièrement  la jeunesse. Cela passe-t-il pas l’anathème, par l’interdiction, par la vindicte, par la violence des paroles et des actes ?
Certainement non, les valeurs morales – et donc leur enseignement– , s’enseignant nécessairement dans le cadre du respect des libertés individuelles.Vraisemblablement sommes-nous aujourd’hui devant un choix de société, mais il ne saurait y avoir d’un côté les «vertueux», les défenseurs de la morale, ceux qui savent (et décrètent) le bien et le mal et de l’autre côté les dépravés, les débauchés, ceux qui viseraient à abaisser notre «modèle des valeurs» (attention d’ailleurs car les « vertueux » adorent sortir la thèse du «complot….»)
Les Marocains(es) n’ont nul besoin de «pères fouettards» et ils savent toujours prouver leur attachement aux valeurs qui font notre «ciment». Quant aux jeunes arrêtons de les prendre pour ce qu’ils ne sont pas : ils ont besoin d’éducation pas d’anathèmes, ils sont à la recherche de valeurs – dont de nouvelles valeurs- cela est légitime. Aidons-les à les acquérir, faisons d’eux des jeunes, capables  d’analyser, de choisir… et non pas des «aliénés» !
Je voudrais saisir l’occasion de cette chronique pour souhaiter à Momo, âme de L’Boulevard, un très rapide rétablissement. Que la musique continue à faire battre son cœur.

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