Post-scriptum : Violence

Post-scriptum : Violence

Beaucoup a été dit sur les violences qui ont accompagné le match Wydad-Raja qui s’est déroulé dernièrement. Beaucoup et parfois n’importe quoi comme -par exemple- lorsque l’on a accusé la police d’avoir «laisser faire». Car il me semble que dans la plupart des commentaires, on a oublié l’essentiel : le contexte, l’environnement. Il ne s’agit certainement pas de trouver d’excuses mais bel et bien de replacer les choses dans leur ensemble. Ce match n’est pas un acte ponctuel, ce n’est pas une verrue sur le visage qu’on peut faire disparaître d’un coup de bistouri : ces violences ne sont pas «venues de nulle part». N’y aurait-il donc aucune agression en dehors de ces matches, ni de violence, ni d’agressivité, ni de dégradations de biens publics, ni de vandalisme… ???
Bien sûr que le violence est plus «visible», plus médiatique, en ces occasions, mais ne nous y trompons pas, elle devient courante et si nous n’agissons pas, elle deviendra banale !
Bien sûr que la répression est nécessaire, mais elle doit s’accompagner, ou plutôt elle doit être précédée par la prévention. Et c’est bien là, que nous sommes pris de court car cette prévention est quasi inexistante, et il est évident (et croyez en mon expérience, ce n’est en rien spécifique au Maroc) que la vie urbaine, que la mal-vie des périphéries, que le béton et le bitume sont «criminogènes». Ce mode de vie engendre la violence, comme si -en grossissant le trait- nous fabriquions nous-mêmes, nous plantions nous-mêmes nos graines de violence. Ces jeunes sont coupables, c’est  clair, mais nous -nous tous- nous sommes responsables. Ce n’est pas la pauvreté qui entraîne la violence mais bel et bien le manque de repères, le manque d’éducation, l’absence d’infrastructures, la démission des adultes, la ghettoïsation des esprits… l’abandon moral… dans lequel évoluent ces gosses. El là encore, ne nous trompons pas, c’est d’une minorité qu’il sagit !
Clubs sportifs, associations de supporters ont leur part de responsabilité, mais les parents, les enseignants, les élus, les médias (et oui!), bref tous ceux qui sont chargés de transmettre une éducation, un savoir, une autorité, un message… seraient-ils dispensés de leur part de responsabilité ?
Ce phénomène de société : jeunesse-violence-quartiers-éducation est un thème central de nos préoccupations actuelles et futures, il ne peut être résumé à un match, et mérite d’être pris à bras- le-corps. Pas en laissant les jeunes et la police dans un douleureux face-à-face, mais au contraire en réunissant tous les acteurs concernés -sur le terrain- pour se concerter et trouver des solutions; sur le plan national bien sûr mais aussi régional. Interdire le public lors des matches constitue bien sûr une réponse mais est-ce la seule et est-ce la mieux adaptée ? N’est-ce pas quelque part casser le thermomètre plutôt que de s’attaquer réellement à la fièvre et à ses causes ? En tout cas, il y a urgence à agir et non pas en rejetant la faute sur l’Autre, mais en nous y mettant tous.

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