Racisme sauce locale

Racisme sauce locale

Je n’ai jamais pensé que l’on puisse faire une hiérarchie entre Marocains du Royaume et Marocains du Monde, nous sommes tous enfants de la même Nation et vouloir créer artificiellement une discrimination entre nous est scandaleux.

Le mot racisme est fortement connoté et on hésite à l’employer impunément, pourtant c’est bien ce sentiment ou pré- sentiment (voire pressentiment) qu’ont ressenti nombre de bi-nationaux à la lecture des écrits d’un journaliste au sujet de notre équipe nationale de football osant écrire : «Non aux bi-nationaux en équipe nationale».

Ce monsieur se plaît à établir une (fausse) hiérarchie entre Marocains, ce qui est la définition même du racisme. D’où l’urgence d’une loi punissant les propos et actes à caractère raciste dans notre pays !

Les bi-nationaux ont bien des leçons de patriotisme à lui donner et ceci est une injure pour ces millions de Marocains de la 1ère génération qui sont restés tout au long de leur vie de vrais patriotes et qui ont donné naissance aux «bi-nationaux» que nous sommes aujourd’hui. Je n’ai jamais pensé que l’on puisse faire une hiérarchie entre Marocains du Royaume et Marocains du Monde, nous sommes tous enfants de la même Nation et vouloir créer artificiellement une discrimination entre nous est scandaleux.  Notre pays a besoin de tous ses enfants et Dieu merci l’immense majorité des Marocains du Royaume ne cautionne pas ce racisme larvé. Marocains du Royaume, Marocains du Monde mais aussi Marocains de Cœur vivant ici – où ils sont chez eux – doivent être vigilants et ne pas laisser le virus du rejet de l’Autre croître en notre sein.

Les réactions de Marocains d’ ici et d’ailleurs ont été à la hauteur de l’offense, jugez-en :

– Mohamed Ezzouak, du site Yabiladi: «Prochaine étape : Non aux khouribguis, sahraouis, chamalis, 3roubis…Quand l’exclusion devient un cri de guerre..»

– Redouane M’Faddel, chef d’entreprise,: «Je me sens blessé et insulté mais pas seulement… C’est une insulte à la mémoire de nos parents et grands-parents…. à ces millions de Marocains à travers le monde qui sont fiers de leurs origines!».

– Bouthaïna Azami, écrivaine : « Le hooliganisme moral. Violent, arrogant et fier de sa haine.»         Narjis Rerhaye, journaliste : «Même au 36ème degré c’est inacceptable.  Carton rouge à des chroniqueurs chantres de l’exclusion.»

– Halima Benzari, actrice de la société civile : «Ce triste sbire n’en est pas à sa première sortie de ce genre et dire qu’il enseigne à des ados… quel dommage pour cette jeunesse…»

– Aziz Aflak, artiste,  a quant à lui publié une photo où il brandit le drapeau marocain.

– Abdellatif Noukri, papa de jeunes bi-nationaux : «Il est parti trop loin dans ses délires! La liberté d’expression n’autorise en rien ce genre de dérives!  Si nous combattons toutes dérives sectaires, toute forme de racisme ou toute atteinte à notre religion ce n’est pas pour retrouver ce virus chez nous!»

– M’jid El Guerrab, militant politique en France : «La double culture est une richesse pour tous les pays du monde… Il faut une condamnation de ce type de propos»

– Julien Champin, Marocain de cœur : «Etre bi-national signifie être à 100% de plusieurs nationalités et non pas 50/50. Honte à de tels propos, on dirait l’Assemblée nationale française il y a quelques mois. Les bi-nationaux et la diaspora sont une force incroyable pour un pays.»

1 Comment

  1. AHARDANE

    Au nom de mes enfants:
    Cet été j’ai acheté 2 maillots du mountakhab pour mes enfants nés tous deux à Paris 14 et 17 ans, le maroc ne se vit pas à l’intérieur de ses frontières mais bien au-delà, c’est dans les coeurs, dans les veines que l’on est marocain de naissance ou de culture. Voici donc ma réponse en tant que parent de binationaux.

    Un corbeau et un rossignol, perchés sur une branche, cherchaient à savoir qui des deux chantait le mieux.
    Et le corbeau d’y aller de sa voix graveleuse : Croâ ! Croâ ! Croâ !
    Le rossignol à son tour de sa voix flûtée : Pfui ! Pfui ! Pfui !
    Et de chanter chacun leur tour sans être capable de se départager.
    Passe par là un petit cochon.
    Le corbeau aussitôt lui demande de les aider à savoir qui des deux chante le mieux.
    Le cochon n’ayant pas d’autre chose à faire accepte de servir de juge.
    Le jeu recommence.
    Le corbeau : Croâ ! Croâ ! Croâ ! et le rossignol : Pfui ! Pfui ! Pfui !
    Le cochon écoute, réfléchit et donne pour gagnant le corbeau.
    Le rossignol fond en larme.
    Le cochon voyant cela dit au rossignol : « Alors ? Vous pleurez parce que vous avez perdu ?
    Le rossignol de répondre : « Non ! Je pleure parce que j’ai été jugé par un porc !

    La Fontaine

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