Raconte-moi le désert…

Raconte-moi  le désert…

Même s’il m’arrive de m’amuser de temps à autre avec ces métiers, je ne suis ni anthropologue, ni cinéaste ni poète, mais je viens de découvrir combien les immenses espaces désertiques peuvent contribuer à nous rappeler nos dimensions minuscules et nous aider à aspirer à grandir ne serait-ce qu’un tout petit peu.

J’ai séjourné cette semaine dans la ville de Laâyoune dans le cadre de la première édition du Festival national du film documentaire de la culture, de l’histoire et de L’espace sahraoui et hassani qui a été organisé à Laâyoune du 9 au 12 novembre 2015. 

Et c’est lors de ce séjour que j’ai enfin compris ce qu’on répète tout le temps, à savoir que l’homme est le fruit de son environnement. J’ai déjà visité nos provinces sahariennes plusieurs fois, mais c’est la première fois que je me rends compte que, quoi qu’on dise, combien nous les citadins, notamment ceux qui vivent, comme moi, dans des grandes villes, sommes malheureux parce que notre vue est étouffée et notre horizon est fermé. Parce que le désert, lui, est par définition totalement ouvert. En vérité, ce qui m’a permis de me rappeler cette évidence, c’est l’idée géniale et généreuse qu’ont eue les organisateurs de cette manifestation de loger tous les invité(e)s de ce festival, dont certains et certaines sont venus de pays très lointains, dans un superbe et gigantesque bivouac installé au bord du fleuve avec des vues imprenables à la fois sur la magnifique ville de Laâyoune et sur, justement, l’immensité du désert. Je ne pourrais vous décrire avec exactitude la beauté ni le confort moderne et exotique du lieu, par contre, je pense être capable de vous transmettre le ressenti qui nous envahit dès que nous y pénétrons.

En fait, ce n’est pas le lieu en lui-même qui est intéressant, mais la vision qu’il permet de voir, à condition bien sûr qu’on ait la vue, l’esprit et le courage pour la voir. En un mot comme en un million, on se sent petit, minuscule, insignifiant. Et quand je dis cela, ce n’est pas forcément réducteur pour nous tous, qu’on soit vulgaires urbains, gentils ruraux ou nomades privilégiés, mais c’est juste pour qu’on puisse mesurer notre vraie et juste valeur par rapport, justement, à notre environnement.

D’ailleurs, parmi les choses que j’ai également découvertes ou plutôt confirmées, c’est pourquoi nos concitoyens sahariens aiment tant la poésie et sont même presque tous des poètes. Je pense que, d’une part, le désert, dans sa beauté dénudée, totale et absolue, est vraiment une source intarissable d’inspiration et les inspire sans limite de temps et d’espace, et d’autre part, s’ils le louent constamment, c’est non seulement pour le remercier d’exister tel qu’il est et tel qu’il restera, mais aussi  pour le préserver et pour renforcer sa beauté. D’ailleurs, à propos de beauté, nos poètes ne se limitent pas à créer des vers en hommage au désert, mais ils en profitent pour louer l’amour dans toutes ses dimensions humaines et sociales. Et je crois que c’est pour cela que les hommes du Sahara nous paraissent si grands et leurs femmes si belles. Même si, je le répète, je ne suis hélas pas un poète, j’ai toujours pensé et j’ai toujours été convaincu que la poésie est une lumière qui éclaire l’humain et peut le rendre, s’il n’est pas hermétique, étincelant et… lumineux.

Voilà un petit peu ce que m’a inspiré ce très court séjour dans une partie de ce Maroc qui est si grand par l’étendue de son territoire et si généreux par le cœur de ses habitants.

C’est ce Maroc-là que j’aime et ce sont ses valeurs les plus humaines que j’ai envie de partager avec toutes les Marocaines et tous les Marocains, mais également avec tous les êtres humains. Je ne sais pas si c’est l’air du Sahara et sa chaleur qui me rendent comme ça, mais j’ai presque envie de laisser tomber une fois pour toutes la politique et les politiciens qui sont, ma foi, je crois, bien loin de tout cela. Cela dit, je ne suis pas très sûr que j’y arrive car je pense que, hélas, ni le désert, ni la poésie ne sont capables de nous faire oublier qu’il faut de tout pour faire un monde… terre-à-terre.

Cela ne va pas m’empêcher de souhaiter à tous les poètes et les poétesses un très bon week-end. Quant aux autres…

Un dernier mot pour rigoler un peu : Pourquoi on baisse le prix du carburant par petits bouts et on ne le fait pas d’un seul bon coup?

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