Sana saida, shana tova…

Sana saida, shana tova…

Le quotidien de nos vies, la liste répétitive des malheurs du monde, l’actualité dramatique, nous donnent hélas tellement de raisons de désespérer de l’humanité que lorsqu’un signe ou une opportunité de nous réjouir se présente il nous faut nous empresser de nous en saisir et le faire fructifier.

Cette année un beau signal nous a été offert : la concordance du Nouvel An musulman et du Nouvel An juif ! «Sana saida», «shana tova» ont ainsi été les expressions qui ont le plus résonné sur les réseaux sociaux unissant musulmans et juifs dans une même célébration ! Le Web devenu hélas un déversoir de toutes les haines, de toutes les violences, de tous les rejets, n’en revenait pas !

Les Marocains, pétris de diversité ont d’ailleurs été à la pointe en cette occasion et les compatriotes des 2 religions ont échangé non seulement des vœux mais aussi convergé dans leurs souhaits de prospérité pour notre pays.

Des manifestations d’incompréhension, voire d’opposition, se sont évidemment fait jour sur la Toile, venues de ceux qui ne comprennent rien à notre Histoire ou encore de ceux qui cherchent à surfer sur la méconnaissance, la peur, la haine mais la tonalité majoritaire a été clairement celle du vivre-ensemble. Dans la vraie vie d’ailleurs les manifestations concrètes de congratulation mutuelle étaient palpables : vivant dans un quartier où la diversité demeure une réalité j’ai pu assister aux échanges de vœux, de salutations, d’embrassades entre compatriotes pluriels…

Faut-il pour autant nous reposer sur nos lauriers, sur cette belle entente qui perdure malgré tous les aléas ? Certes non car notre patrimoine de vivre-ensemble marocain, fait de diversité, de liens de voisinage, de culture commune ancestrale, n’est hélas pas insensible aux coups de boutoir des temps actuels, pétris de haine d’autrui.

Les nouvelles générations -mais pas seulement- sont exposées aux dégâts causés par les télévisions satellitaires, par les discours des haineux, par ceux qui veulent introduire des conflits extérieurs sur notre territoire et autres discours de certains islamistes…

Alors notre héritage civilisationnel a besoin de vivre sur le terrain, d’être non seulement conforté mais également développé, de fructifier. Un événement vient renforcer notre démarche : l’attribution à SM le Roi par «The Global Coalition for Hope» (Coalition Mondiale pour l’Espoir) du Prix de la Reconnaissance Spéciale du leadership dans la promotion de la tolérance et le rapprochement interculturel, en reconnaissance de son action pour «l’harmonie entre les différentes cultures aussi bien au Maroc que sur la scène internationale». Outre une récompense amplement méritée, ce Prix vient encourager ceux qui sur le terrain agissent pour donner un contenu à notre vivre-ensemble tels l’association Essaouira-Mogador, le SOC (Stade Olympique Casablancais Simon Pinto), la Chorale Diapason, l’association Marocains Pluriels, le Club Mimouna, le Musée du judaisme marocain, etc.

Les actions entreprises qui donnent une visibilité à notre diversité s’en trouvent d’autant légitimées : le Ftour Pluriel, la rénovation de la synagogue d’Essaouira destinée à devenir un musée prestigieux, la distribution de ftours aux familles nécessiteuses de Marrakech par musulmans et juifs unis, les activités culturelles, musicales, artistiques mettant en valeur le patrimoine judéo-marocain, etc.

L’enjeu nous oblige et nous transcende nous militants du vivre-ensemble, du combat contre le(s) racisme(s), contre la haine, la méconnaissance, la peur, le rejet, et constitue un véritable défi -en même temps qu’un formidable atout- pour notre société, notre pays et au-delà, selon la capacité qui sera la nôtre d’inspirer d’autres nations !

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