septembre 26, 2018

 

Service militaire, le creuset !

Service militaire, le creuset !

L’annonce de la création d’un service militaire obligatoire suscite un large débat et c’est une bonne chose : les pour, les contre, les dubitatifs, les inquiets…

Je m’intéresse ici bien sûr à tous ceux qui sont de bonne foi… ceux qui déjà brodent et ne veulent aborder que les passe-droits possibles et autres dérives, pariant sans vergogne sur un échec programmé, ne cherchent nullement à faire avancer le dialogue. Personnellement je m’exprime au titre de militant associatif et culturel, homme de terrain qui ne cherche et ne veut que le meilleur pour notre jeunesse !
Le meilleur pour notre jeunesse et pour notre société. Or notre société est en panne, ce qui précisément ne fonctionne plus est le creuset : le mélange social, le partage de trajectoire de vies, la construction d’une appartenance commune, d’un destin commun. Plusieurs jeunesses, plusieurs «castes» se côtoient sans se brasser, la division est déjà là, déchirant notre tissu social sur lequel nous collons des rustines, les confrontations sont déjà notre quotidien. Géré avec efficience, hermétique à tout passe-droit (ce doit être la règle absolue si l’on veut que ça marche, et la crainte légitime de voir les «ouled flane» y échapper est unanimement décriée sur les réseaux sociaux), le service militaire peut être une merveilleuse opportunité pour la société ET pour les jeunes. Depuis toujours mon credo est qu’il faut redonner de l’espoir à nos jeunes, les faire rêver, leur permettre de s’ouvrir, de se cultiver.

Le service militaire peut-il y contribuer ?
Oui s’il est aussi civique, social, humanitaire, culturel… et c’est là qu’un travail en collaboration avec le tissu associatif aurait toute sa légitimité. J’ai toujours dit qu’il fallait faire «avec la jeunesse», le débat parlementaire qui s’ouvrira en octobre sur le sujet doit permettre d’associer les jeunes -notamment les associations de jeunes- à la discussion -, ils ont des choses à dire, à proposer, les modalités qui seront décidées par le Parlement devraient pouvoir s’enrichir de leurs idées. Ne nous enfermons pas d’ores et déjà dans un rejet préalable, ne voyons pas cette idée avec les yeux du passé, il faut construire un «service militaire nouvelle formule, nouvelle ère» qui corresponde le mieux aux aspirations et à la philosophie des générations actuelles. Ainsi des formateurs auront pour mission de dispenser :

– Formation professionnelle
– Formation civique (droits et devoirs)
– Acquisition des valeurs telles que citoyenneté, discipline, ponctualité, respect, autonomie,esprit d’équipe…

Menée avec efficience et équité, l’idée du service militaire peut être une excellente opportunité et une sorte de «seconde chance» pour une immense partie de nos jeunes qui nous permettra, en même temps de bâtir une communauté de destin. Il revient aux concepteurs de trouver comment réussir à instaurer un service militaire qui tout en évitant le piège (mortel) des passe-droits ne coupe pas les ailes de ceux de nos jeunes qui ont déjà pris leur envol. Il faudra pour cela faire preuve d’inventivité, d’équité, d’écoute. Il va falloir faire preuve de pédagogie, il va falloir expliquer, et c’est là où le bât blesse pour l’instant, l’absence de communication laisse libre cours à tous les délires… S’il est -par exemple- un argument qui me paraît de mauvaise foi il s’agit bien de celui qui prétend que «nous allons fabriquer des guerriers», y a-t-il plus grands fabricants de bombes (in)humaines que ceux qui bouffent le cerveau de nos jeunes pour en faire de la chair à canon en les poussant à la radicalisation ?
Y-a-t-il plus grande faucheuse de vies que «la rue» avec ses fléaux : drogue, délinquance, psychotropes…

Je perçois bien que ce service vient contrarier les plans de ceux dont l’objectif n’est autre que l’embrigadement de la jeunesse… Alors ? Et s’il s’agissait là d’une vraie opportunité ? Si nous pouvions redonner du sens au vivre-ensemble, si nous pouvions recréer du lien et du brassage social, si la mixité pouvait aider à lutter contre le harcèlement, si l’on pouvait ré-introduire des valeurs dans l’esprit de notre jeunesse : citoyenneté, civisme, respect, ponctualité, goût de l’effort…si l’on pouvait ré-orienter les vies de jeunes en perdition et conforter les qualités de ceux qui sont déjà dans une trajectoire de vie, si à nouveau nous pouvions partager du commun. Fédérer, mobiliser, s’unir sont les défis qui nous attendent, dans un monde où tout change très vite et où les repères disparaissent. Essayons donc de faire que ces 12 mois soient une opportunité, voulue et non subie, pour cela il nous faut donc inventer ce «service» qui soit à la fois un service rendu à la Nation et un service offert à chaque jeune pour une insertion sociale et professionnelle réussie.

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