Transmission : 40 jours

40 jours… temps du deuil pour les familles et amis des victimes, temps du deuil pour une nation ! 40 jours… c’est à la fois long et court : c’est le temps qui nous sépare de l’impression de quiétude dans laquelle nous vivions du réveil brutal qui – par la violence et le sans –nous a montré que le terrorisme n’épargnait nul pays mais qui nous a aussi fait toucher du doigt le désarroi d’une partie de notre jeunesse. Qu’on le veuille ou non, plus rien ne sera comme avant. Plus rien ne sera comme avant n’est pas une sentence négative si l’on soit tirer les enseignements de ce  cruel 16 mai.
Des collectifs contre la haine, contre l’intolérance, contre le terrorisme naissent, à l’initiative de gens courageux, des discussions animent, comme jamais, les colonnes des journaux, nous n’en finirons pas de découvrir que les tentacules de ce que l’on appelle ailleurs «la bête immonde» ont cherché à saper la spécificité de notre civilisation et de notre culture. Il faut que cette prise de conscience nous secoue et surtout nous tire des sentiers battus dont nous ne sommes pas encore sortis : manque d’imagination, d’inventivité, d’innovation dans les réponses à apporter, dénigrement systématique de ceux qui bougent, qui agissent… comme si le temps de la mesquinerie n’était pas révolu, absence de prise en compte des jeunes, de leurs aspirations profondes, de leur soif de participer aux prises de décisions.
Alors que l’une des véritables urgences, même -si bien évidemment- elle n’est pas la seule, serait de mettre notre jeunesse au cœur de nos préoccupations. Pour cela il nous faut proposer à ces jeunes, un véritable projet de société, novateur et mobilisateur, il nous faut apprendre de ces jeunes, leur redonner fierté d’eux-mêmes mais aussi respect et dignité. Il faut libérer les énergies, ouvrir les espaces d’expression, permettre à la jeunesse de se (re)trouver. De redécouvrir sa marocainité dans ce qu’elle a de beau et de noble. Il faut surtout ne pas décider à la place de ces jeunes, ne pas «faire pour eux» mais avec eux, les aider à s’impliquer, à prendre part aux décisions. Trop de colloques sont, par exemple, encore initiés pour parler de la jeunesse sans que celle-ci soit présente, ou au mieux cantonnée au rôle d’auditeurs.
Les jeunes ont des choses à dire, à nous dire, ils sont capables (et l’ont montré au sein du mouvement associatif, lors de la Marche de 25 mai, lors de la Fête des jeunes talents du 21 juin…) de se prendre en mains, de décider de ce qui est bon pour eux. Que l’on ne s’y trompe pas, cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas besoin des adultes : mais, après l’indifférence, ne succombons pas au tutorat (dans la mauvaise acceptation du terme) ; est venu aujourd’hui le temps du partenariat, qui ne veuille pas dire assistanat. Des jeunes de Hay Mohammadi – regroupés au sein de l’association «Initiative urbaine» – nous donnent rendez-vous ce dimanche pour une «Course des quartiers» qu’ils ont organisée eux-mêmes, sachons entendre et comprendre leur message.

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