Transmission : Allez de l’avant !

Transmission : Allez de l’avant !

Je voudrais, dans cette chronique, aborder deux points, liés par un même fil, celui de la jeunesse. Le premier pour évoquer la situation des jeunes filles dans les quartiers populaires. En effet, SM le Roi vient de donner à la femme marocaine, le statut auquel elle a droit, avec beaucoup de sagesse et de clairvoyance. Toutes les femmes en bénéficieront, il existe cependant un catégorie particulièrement vulnérable et dépendante, je veux parler des jeunes filles des quartiers populaires. Alors que, malgré leurs conditions de vie difficiles, les garçons de ces quartiers, trouvent des voies d’émergence telles que le sport, la musique, l’action associative… Il faut lui reconnaître que les jeunes filles souffrent encore plus qu’eux du contexte défavorable, auquel s’ajoutent pesanteurs, tabous et préjugés tenant bien plus du manque de tolérance et d’éducation que d’autre chose. La réforme de la Moudouana changera beaucoup de choses, les mentalités doivent suivre, aider, accompagner ! En tant que militant associatif, je me dois ici d’inciter tous les jeunes qui ont – eux aussi – fait le choix de cet engagement, d’ouvrir largement ces structures de jeunes, par les jeunes, pour les jeunes, aux jeunes filles. Elles y apporteront beaucoup, y trouveront également un cadre où s’épanouir et c’est ensemble que jeunes garçons et filles des quartiers défavorisés s’enrichiront mutuellement pour aller de l’avant. Mon deuxième propos a justement trait à l’engagement associatif de cette jeunesse des quartiers populaires. Il est clair que ce foisonnement peut déranger, déplaire, bousculer… ceci est normal ; il génère également des résistances… c’était prévisible. Pourtant, pourtant… quelle personne responsable peut voir négativement le fait que ces jeunes et l’administration que ces jeunes et les autorités réussissent à nouer un partenariat de travail sain et constructif, alors que précisément l’éloignement, la méconnaissance, la non-dialogue nous ont conduits à une impasse dramatique ? Cette coopération devrait-elle être une chasse gardée ? Interdite aux jeunes ! Qui peut bien s’offusquer que des locaux soient attribués à ces jeunes, qui les méritent par leur travail acharné et non pas par complaisance. Qu’il s’agisse d’une ancienne bibliothèque municipale inusitée, entièrement remise à neuf par les jeunes de Hay Mohammadi, de pauvres containers arrangés par les jeunes de Ben Abid, d’un vieux wagon rénové par ceux de Aïn Sebaâ ou d’une ancienne pharmacie de nuit inoccupée que ces jeunes s’efforcent de transformer en centre culturel avec les moyens du bord ! Ou bien ces jeunes sont-ils condamnés à squatter les «rass derbs»? Qui peut trouver injuste que de jeunes talents issus de ces quartiers bénéficient d’un défraiement lors de leur prestation alors que des «stars» touchent elles, des cachets confortables? Les jeunes artistes seraient-ils voués à la gratuité ? ces jeunes, tous ces jeunes ne nous donnent-ils pas la meilleure des réponses : par leur engagement ils avancent, bâtissent, construisent… leur avenir et le nôtre.

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