Transmission : Débat à la fac…

Invité mercredi dernier à participer, à une conférence sur le thème de l’engagement citoyen, par la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Salé, j’y ai vécu un moment très fort de rencontres et de discussions avec un échantillon représentatif de la jeunesse estudiantine du Maroc. Riche d’enseignements.
En effet, curieux, intelligents, intéressés et intéressants ces jeunes étudiants se posent et posent de vraies questions.
Qu’est-ce que la citoyenneté ? Qu’entend-on par civisme ? Comment et pourquoi s’engager quand on a 20 ans ?
Pourquoi ce décalage entre la population et la classe politique ?
Pourquoi se sent-on mieux représenté par la société civile que par les politiques ?
Autant de questions auxquelles il n’est pas aisé de répondre mais qui –si elles restent sans réponse – pollueront durablement toute discussion sur l’engagement citoyen.
La jeunesse est exigeante sous tous les cieux. Au Maroc, il est vital de la mobiliser et de la responsabiliser. Le pays change, évolue, il ne peut se permettre aujourd’hui de marginaliser la population jeune plus longtemps. Or ces jeunes l’ont exprimé de plusieurs façons: ils ne se sentent pas impliqués –voire concernés– dans le débat politique.
Manque de représentants issus de leurs rangs, discours éloignés de leurs préoccupations quotidiennes, sentiment de ne pas être pris en compte…
À l’écoute de toutes ces doléances, j’ai très nettement eu le sentiment d’entendre s’exprimer les jeunes issus de l’immigration que je côtoie habituellement en France.
Mêmes causes, mêmes conséquences. Il était d’ailleurs beaucoup plus question de politique locale que nationale, lors de cette conférence : en effet, c’est à l’aune de l’attitude des élus et des autorités locales que nombre d’étudiants présents forment leur jugement sur la politique en général. D’où leur responsabilité.
Quant à la nécessité pour ces jeunes de s’impliquer en effectuant le premier devoir de tout citoyen qui est de participer au vote, cela n’a pour eux rien d’évident. Pourquoi voter, pour qui voter ? C’est la question leitmotiv qui est revenu le plus souvent dans la discussion.
Et là, il apparaît que la responsabilité des adultes et notamment des décideurs est écrasante. Il est indispensable d’éduquer cette jeunesse à la citoyenneté et au civisme ; de lui donner les outils nécessaires à la compréhension de ses droits ; de lui permettre de former son jugement… pour pouvoir ensuite s’impliquer. Il sera vain de déplorer le désintéressement de la jeunesse vis-à-vis de la politique tant que la politique ne fera pas de la jeunesse l’une de ses préoccupations majeures. En permettant à ces jeunes d’être acteurs de leur propre vie et non pas spectateurs.

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