Transmission : Debout les héros !

Une enquête très intéressante réalisée par l’Economiste et Sunergia montre que les Marocains n’ont plus de héros, plus de symboles issus de la population susceptibles d’être des « modèles », des exemples à suivre, des porteurs de rêves et d’espoir…
bref des images auxquelles s’identifier. Ceci est révélateur de notre état d’esprit et encore plus de l’état actuel de notre société. Cela me paraît être particulièrement grave pour notre jeunesse, car partout et toujours les jeunes ont eu besoin de héros identificateurs ; il faut cependant avouer qu’au Maroc, plus qu’ailleurs, il est de bon ton de tirer à vue sur tous ceux qui émergent, qui pourraient «tirer vers le haut» et de les descendre dans les esprits à coup de ragots, rumeurs et autres dénigrements. Ce n’est sûrement qu’une partie de l’explication mais elle est à prendre en compte. Il nous faut donc nous interroger sur ce phénomène, car il existe bien au Maroc, des personnalités, des potentialités, des talents à même d’incarner un idéal et de nous transcender. On le voit d’ailleurs dans l’enquête, c’est le sport qui continue à véhiculer ces héros et Younès El Aynaoui en est un beau symbole. La musique et le cinéma qui, partout dans le monde, sont les meilleurs porteurs et vecteurs de «stars», fournissent chez nous, il est vrai, à l’heure actuelle très peu de références. On peut le déplorer certes mais le vrai problème est peut-être dans le domaine du politique où là le désenchantement est total et où aucune figure n’émerge. Tout cela après tout, n’est-il pas le symbole de notre perte de repères, de notre perte de boussole ?
Parce que vecteurs d’espoir et porteurs d’avenir, les héros sont nécessaires dans toute société et à toute société, la nôtre n’y échappe pas. A nos sportifs donc d’être assez performants et respectables dans leur conduite pour les incarner, à nos artistes d’être suffisamment talentueux et charismatiques pour les représenter eux aussi, mais surtout à la classe politique de réussir à produire des hommes et des femmes capables de restaurer crédibilité, confiance et espérance. Par la promotion de nouveaux visages, de femmes, par le retour au terrain, à la proximité, par le sérieux et promesses tenues… Et puisque dans ce rendez-vous hebdomadaire j’ai voulu évoquer ce sujet des « héros », je souhaiterais adresser un message tout particulier à Brahim Boulami, qui Dieu merci, est en train de prouver son innocence. A l’époque de la suspicion peu nombreux étaient ceux qui ne lui jetaient pas l’approbe et lui apportaient leur soutien.
Parmi ceux-là, au premier rang figuraient Najib Salmi de l’Opinion et Hassan Benaddad de ALM, sans connaître Brahim Boulami j’avais à ce moment-là consacré une chronique à son sujet pour un message de sympathie. Je voudrais ici lui renouveler des paroles d’encouragement et d’espoir et surtout lui demander de «rester debout» comme il l’a fait. Nous avons besoin d’un héros, qu’il puisse vite en regagner le nombre.

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