Transmission : Dire… ou ne rien dire

Une éminente personnalité m’a dit un jour en parlant des propos tenus par les uns et les autres que: «chacun -un jour- est comptable de ses écrits». Cette phrase est toujours restée gravée dans ma mémoire et m’incite à être le plus possible précis et responsable dans mes chroniques ou autres textes donnés à la presse. Ecrire est une façon de faire passer un message, de faire circuler des idées et de les faire partager : le soutien et le développement de la presse écrite sont vitaux- actuellement- à ce moment où il faut tout spécialement diffuser des propos d’ouverture, de tolérance, de métissage, d’ouverture d’esprit. Notre jeunesse -notamment celle des quartiers populaires- lit malheureusement peu, trop peu. Faute de moyens, faute de possibilités mais pas faute d’envie : ces jeunes veulent -et ont besoin- de savoir, de connaître, de s’informer. Ils ont aussi besoin de s’exprimer et les quelques journaux qui leur ont ouvert leurs colonnes constatent le succès de leurs rubriques, l’abondance du courrier, la pertinence des propos et l’immense envie de dire. C’est pourquoi il faut être prudent lorsque l’on s’exprime sur la jeunesse, pour la jeunesse, sur les sujets qui la concernent directement. Il est irresponsable et méprisant de traiter par dessus la jambe les efforts déployés par et pour ces jeunes, dans leurs quartiers. Certes, construire un terrain de sport, aménager un local associatif, organiser une modeste course de quartiers, une opération «propreté», ou un concert avec de jeunes groupes peu connus est moins prestigieux qu’un colloque organisé dans un palace de la ville, faut-il pour autant n’y voir que des activités superficielles ? Le travail de terrain est un travail de fourmi, peu rentable en termes de «paillettes» mais tellement rentable sur le plan de la reconquête de notre jeunesse. Alors, n’oublions pas ce que nous avons vécu le 16 mai, ne cédons pas à la facilité: cessons le dénigrement systématique. Toute personne qui agit et toute action aussi modeste soit-elle sont à saluer ! Sans flatterie mais pour optimiser. Car il est vrai que le terrorisme se condamne, sans aucune équivoque, ses causes nombreuses et de tout ordre doivent être traitées avec responsabilité. Les causes sociales sont bien réelles, elles constituent un terreau, nous ne pouvons l’ignorer et nous avons une obligation de résultats.

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