Transmission : L’Aïd en France

Les Musulmans de France et d’autres pays d’Europe célèbrent l’Aïd El Adha, les Marocains du Royaume le fêteront eux samedi. Je voudrais profiter de mon rendez-vous hebdomadaire dans «Aujourd’hui le Maroc» avec vous, pour vous présenter à tous mes voeux de bonne et heureuse fête.
L’Aïd El Adha, comme nous l’appelons et le mois du Ramadan sont pour les Musulmans de France les deux préceptes les plus suivis et les plus visibles de la pratique du culte, notamment au sein des jeunes générations.
Très suivis voire revendiqués comme un signe d’appartenance à une communauté, la célébration du jeûne et du sacrifice du mouton sont ainsi devenus des composantes visibles d’une identité.
La pratique de l’Islam demeure cependant parsemée d’embûches dans bon nombre de pays d’Europe, notamment le rituel de l’Aïd El Adha.
Outre les outrances telles que celles proférées par les adeptes de l’extrêmes-droite ou encore l’ex belle devenue bête, Brigitte Bardot, c’est dans la pratique elle-même que cette célébration est devenue très problématique.
Nombre d’élus locaux refusent encore la mise à disposition d’abattoirs municipaux; or ce que l’on appelle «l’abattage clandestin» étant interdit pour des raisons d’hygiène, on accule les Musulmans à vivre ce qui est une fête, dans des conditions malsaines où personne ne peut trouver son compte. Pour ces raisons mais aussi pour d’autres liées au rythme de la vie, aux conditions de logement et l’inadaptation de l’environnement de nombreux jeunes couples et familles de la nouvelle génération choisissent de vivre l’Aïd de façon différente.
Soit, par exemple, en envoyant la somme équivalente au prix d’un mouton à leur famille (ou une famille nécessiteuse) au pays, soit en achetant pour eux-même ou autrui un mouton abattu selon la tradition, par un boucher «halal».
Pour ceux d’entre eux pour lesquels cela est possible, cela étant aujourd’hui rendu faisable par la loi, cette journée de l’Aïd devient journée fériée ou prise sur le compte des vacances.
Ainsi tant bien que mal, les Musulmans de France et d’Europe tentent de concilier contraintes liées à la vie en pays non-musulman et pratique religieuse. Confronté à la laïcité ou un environnement «non religieux», l’Islam s’adapte ainsi -et sans se dénaturer- trouve les formes d’une cohabitation, d’une compatibilité avec une société «autre».
Les Musulmans d’Europe ouvrent aussi un chantier de réflexion tiré de leur pratique au quotidien de l’Islam et de leur vie en «pays d’accueil» devenu «pays de vie».

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