Transmission : Pour des quartiers de vie

Dans chaque grande ville du Maroc, comme partout ailleurs, les quartiers périphériques sont les plus peuplés et par conséquent ceux où la jeunesse foisonne. Casablanca, Rabat, Salé pour ne citer qu’elles, comptent ainsi en leur sein des cités telles que Hay Mohammadi, Takaddoum, Hay Salam… ces quartiers, même paupérisés, possèdent ce que l’on appelle une âme, des habitants présents depuis plusieurs générations, des réseaux de voisinage, des relations d’entraide et de solidarité, des unions qui ont mixé les familles, ce qui atténue la dureté de la vie. Il en va tout autrement des nouvelles cités, semblables, par exemple, à celle de Sidi Moumen à Casablanca : là, des barres d’habitations à perte de vue, des magasins en devenir, des caves déjà sales, un environnement composé de terrains vagues ou de vestiges de bidonvilles et surtout une population issue de l’exode rural, sans expérience de vie en ville, sans repères. Par dessus tout, une absence totale d’infrastructure sportive (terrains, gymnases), culturelle (centre culturel, maisons de jeunes), et sociale (dispensaires, centres sociaux), ce qui laisse une jeunesse désoeuvrée, en proie aux fléaux que sont la drogue, la délinquance, l’embrigadement…
A quelque 40 ans de décalage, le Maroc est en train de faire la même erreur que la France en construisant des quartiers-ghettos, terreau de l’exclusion et de l’incivisme.
Il est encore temps, dans ces quartiers populaires «historiques » ou dans ces nouvelles cités, de redresser la barre : en rompant l’isolement, en cassant la relégation et en responsabilisation la population. Comment en effet demander à cette population, et à la jeunesse en particulier de respecter autrui, les biens d’autrui, le civisme et de se respecter elle-même si elles vivent dans un environnement non respectable.
Les remèdes existent, il n’ont pas un coût exorbitant : écoutez les jeunes de ces quartiers, ils ont des propositions ! Cela passe aussi, selon moi, par un véritable travail de proximité, une «présence» qui fait que les élus, les travailleurs sociaux(qui restent à former) «occupent le terrain » et ne laissent pas la population face au vide ou à la démagogie. Il y a «des Maroc» entend – on dire souvent, agissons, en tout cas, pour qu’il y ait un Maroc pluriel, certes, mais où il fasse bon vivre pour chacun.

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