Transmission : Pour une politique de la jeunesse

Dans une précédente chronique j’évoquais l’oisiveté comme l’une des causes principales de la délinquance chez la jeunesse. D’autres facteurs (pauvreté, mauvaises fréquentations, absence d’éducation…) produisent le même effet, et s’il ne s’agit pas d’excuse, cela permet au moins d’expliquer.
Les expériences menées dans les cités et les quartiers défavorisés de France permettent d’élaborer un certain nombre de pistes exploitables au Maroc.
Il est –avant tout- indispensable, selon moi de réfléchir en terme de politique globale en direction de la jeunesse : éducation, formation, loisirs, civisme, emploi… etc.
Je voudrais dans mon propos me concentrer sur l’aspect jeunesse, sport et loisirs, emploi; il existe bel et bien un ministère en charge de ces questions mais à lui seul et en tenant compte du budget qui lui alloué il ne peut évidemment répondre aux attentes est attentes et à la demande. D’où la nécessaire implication des communes, wilayas mais aussi des ONG, fédérations sportives, grandes entreprises… etc. C’est en terme de mobilisation générale qu’il faut réfléchir. La construction de maisons de jeunes, maisons de quartier, ateliers de formation (nouvelles technologies, mais aussi métiers manuels) représentent un des éléments de base de cette politique de la jeunesse alliant l’implantation de terrains de sport de proximité dans les quartiers populaires. La formation et l’emploi d’animateurs et de moniteurs sportifs constituant bien sûr l’autre volet de cette mobilisation. Le tourisme que l’on veut développer au mieux dans notre pays constitue une source de petits « emplois de service » inépuisable et puisque l’informel existe, pourquoi ne pas s’en inspirer : plutôt que de laisser des adolescents en piteux état se précipiter sur les touristes, dans les aéroports, gares ferroviaires, gares routières… prenons ceux d’entre eux qui semblent les mieux adaptés et formons les aux fonctions de porteurs, agents de renseignements…
Utilisons ceux qu’il est convenu d’appeler les « faux guides » et qui ont une connaissance des villes touristiques souvent très performante, pour leur enseigner les éléments de base de ce métier… etc.
Les gisements d’emplois sont nombreux, il faut les inventorier, voir ce qui est du domaine du possible et lancer une politique d’envergure, sans négliger une piste primordiale, celle de la protection de l’environnement. Combien de terrains, plages, de parcs à nettoyer; combien de quartiers, de rues à rénover puis entretenir; combien de lieux de loisirs, de forêts, de lieux publics où les bancs manquent… Il s’agit bien dune politique à mener, et même si elle a un coût, elle sera toujours moins onéreuse que la délinquance et rentable pour l’avenir.

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