Tribune Libre : Aubry, Royal, Hollande et les autres…

On peut penser ce que l’on veut de l’organisation de «Primaires» au sein d’un parti pour désigner son candidat à l’élection présidentielle  comme sont en train de le faire les Socialistes en France ou choisir son « chef » ainsi que le pratiquent les Américains. Toujours est-il qu’après le débat organisé sur France 2 jeudi dernier entre les 6 candidats socialistes, on ne peut s’empêcher de penser qu’il s’agit là d’un bel exercice de démocratie. Voir ainsi des personnalités politiques de premier plan se soumettre à la «compétition», chercher à se différencier en direct, se prêter au jeu avec des règles identiques pour tous et ainsi se mettre en quelque sorte «en danger» pour tenter de convaincre les futurs électeurs est un exemple de ce que la politique peut produire de meilleur. C’est à cet aspect là des choses que je souhaite m’intéresser, étant donné qu’il ne s’agit pas ici de discuter des mérites comparés des uns et des autres, mais bel et bien de se pencher sur les moyens, les méthodes pour «réconcilier» les citoyens et la politique… Lorsque l’on sait que plus de 5 millions de téléspectateurs ont suivi ce débat, force est de reconnaître qu’il s’agit d’une belle performance. Pouvons-nous en tirer des enseignements ? Certes oui, nous le devons même, bien sûr avec les précautions d’usage ( c’est-à-dire ne pas chercher à transposer un modèle sur un autre) il est alors possible de constater à partir d’un tel exemple que parler de politique et parler politique à la population est souhaitable et «rentable». Lorsque l’on s’adresse à l’intelligence du citoyen, lorsque l’enjeu est clairement expliqué, lorsque l’exercice est concret alors le futur électeur est réceptif et s’attache à faire son choix. Au Maroc, comme dans bien d’autres pays, il est de bon ton de dire que les citoyens ne s’intéressent pas à la politique – les jeunes en particulier- et qu’ils désertent les urnes, or un certain nombre de signes montrent que les choses changent.  J’en veux pour preuve l’extraordinaire affluence que connaissent les «Cafés Politis» chaque mois, dont une très grande majorité de jeunes, j’en veux pour preuve la densité du débat actuel sur le vote lui-même, où par exemple  un sondage mis en ligne sur la Toile, par l’association Polijuniors , afin de savoir s’il faut oui ou non rendre le vote obligatoire, récolte une multitude de suffrages en quelques heures. J’en veux pour preuve l’incroyable écho que rencontrent les blogs tels ceux de Rachid Jankary, Riad Essbai, Mehdi Md Tazi…et bien d’autres. J’en veux pour preuve tous les débats qui s’organisent sur le thème des élections futures, notamment sur les antennes des radios privées, j’en veux pour preuve le nombre croissant de Unes consacrées à la politique dans la presse écrite, sans oublier les séries de portraits de «nouveaux visages» qui apparaissent dans les magazines… J’aimerais bien pouvoir citer les initiatives des partis politiques sur le terrain ou les émissions entre personnalités politiques sur nos chaînes de télévision… mais il faut avouer que pour l’instant nous n’avons rien à nous «mettre sous la dent»… A quand donc un débat en direct entre Abdelouahed Radi, Driss Lachgar, Ali Bouabid, Omar Balafrej et Youssef Chehbi concernant les choix de l’USFP sur Al Aoula ? A quand une confrontation entre PJD et PSU sur 2M, voire une émission spéciale où chaque parti viendra exposer le projet de société qu’il propose, face à un panel de jeunes qui poseront des questions ?… A l’heure où le ministère de l’intérieur prend une initiative salutaire en dressant une liste de personnes qui ne peuvent se présenter aux prochaines élections législatives, il serait bienvenu de connaître les réactions des partis sur le désir «d’intégrité» qui émerge dans notre société. Pour l’instant, ainsi que je le disais dans une chronique précédente, c’est «ailleurs» que ça se passe et s’il faut se féliciter que cet «ailleurs» soit aussi réactif, productif et attractif, il faut déplorer l’absence d’implication de ceux dont c’est «le métier».  «Le Temps» national et international est à la mobilisation… et chez nous la Constitution votée en juin dernier -en offrant un nouveau cadre- donne l’opportunité d’aller de l’avant, il est clair qu’une attente est née, qu’un intérêt doublé d’un espoir ont surgi, nous n’avons pas le droit de gâcher tout cela, car notre jeunesse ne nous le pardonnerait pas . Et elle aurait raison !

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