Un vendredi par moi

Un vendredi par moi

Coup de gueule. La nuit du mercredi au jeudi. Une nuit de rêve pour les Français, de raids pour les Palestiniens.
 
Spleen. «Un jour sans foot […] C’est la déprime. Y a-t-il une vie après la Coupe du monde ?» Interrogative ou affirmative, après chaque Mondial, il y aura toujours un journaliste pour réinventer la complainte.

No comment. Lendemain du deuxième match de la France : «A cause de son caractère trop introverti, Zine Eddine Zidane ne sera jamais un grand capitaine», disait du distributeur français le journal Le Parisien repris par l’essentiel des médias audiovisuels. Lendemain de France-Espagne : «Super Zidane» titrait le même quotidien. Après le duel avec le Brésil, il redevient «le maestro» qu’il a toujours été. Et avant terme, c’est toute la France qui s’est mise à chanter victoire.
Avant la Coupe du monde, seul un Allemand sur dix croyait en son équipe. Juste avant la demi-finale, pas un seul qui n’a mis Berlin dans sa poche.
Après la défaite face à l’Italie, 39% d’Allemands souhaitaient vivre ailleurs qu’en Germanie. Probablement pour bien d’autres raisons. Le foot, c’est aussi cela.  Reléguer le mal-être au second plan. Pour un temps.

Un bémol, le commentateur de France- Brésil n’a pu retenir son extase : «Les Brésiliens, ce soir, ce sont les Français». Alors même que tout ce que les Hexagonaux avaient à gagner ce soir là, c’est justement de ne pas être les Brésiliens de cette soirée. Toute la magie du foot brésilien dans cette petite phrase. Ronaldo et ses amis jouant mal, leur jeu demeure une référence.

Coup de cœur. Pour Ghita Khayate qui n’y va pas par quatre chemins en s’insurgeant contre la frigidité politique de ses semblables: «Que peut la femme qui demande à l’homme de lui réserver 30% des sièges au Parlement?» Rien, sinon persister à former le pluriel sur la base du masculin. Ce que la psychanalyste entend, c’est qu’il y a certainement pour la douce moitié de l’homme une autre façon de recouvrer son statut de moitié de l’humanité. En France, la loi incite à la parité. A l’arrivée, seulement 12,3% des députés à l’Assemblée nationale appartiennent à la gente féminine. Mais c’est une femme, Ségolène Royal, qui caracole pour l’instant au sommet des présidentiables. Le Parlement allemand compte environ un tiers de femmes, mais ce n’est d’aucune façon à elles qu’Angela Merkel doit son poste de chancelier. Il y a peu de femmes au Parlement chilien, mais cette absence n’a pas empêché Michelle Bachelet de devenir présidente du pays. Et la cote de Zoulikha Nasri, conseillère du Souverain, n’a sans doute aucun rapport avec le quota.

Changer de culture, c’est en substance le plaidoyer d’Abdallah Laroui dans son témoignage sur «Le Maroc et Hassan II». Adopter, dit-il, «sans hésitation la culture moderne dans sa logique  la plus raide» pour que les innovations les plus récentes cessent de ne servir qu’à «renforcer la tradition». Edité en 2005 par «Les Presses Inter Universitaires» et le «Centre Culturel Arabe»,  je m’étonne encore que ce témoignage de deux cent quarante-huit pages, sereines et honnêtes autant que faire se peut, n’ait fait l’objet d’aucun grand débat alors que partout on ne parle que de bien lire le passé pour mieux conjuguer le futur.

La coupe pleine. De larmes. De tristesse beaucoup plus que de joie. Le Mondial après la finale ? Le bonheur de l’un fait le malheur de tous les autres. Trente et un peuples en pleurs et un seul hilare pour une nuit.

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