Un vendredi par moi

Un vendredi par moi

Coup de gueule. Les Marocains ont manifesté pour la Palestine. Révolus les temps où l’on pouvait faire marcher plus de cent mille personnes. Samedi dernier à Rabat, ils n’étaient guère plus d’une dizaine de milliers. La prépondérance est revenue aux islamistes. Les formations politiques légales, seraient-elles désormais minoritaires ? Nullement. Mais, probablement, les vacances, déjà ! Ou déjà la vacance ?

Coup de tête. Ou plutôt deux. Ceux de Zineddine Zidane. Le premier, superbe, trouva devant lui l’imparable goal italien. Le meneur de jeu français l’eut-il réussi, la France l’aurait adoubé nouvelle Marianne. A son décès, Zizou  reposerait au Panthéon pas très loin d’Emile Zola. Le second, vil et réussi, dans la poitrine de Materazzi ne lui fait mériter que l’enfer prolétarien de Germinal. J’ai envie d’être indulgent, je n’y arrive pas.

Pour nier l’avoir traité de terroriste islamique et justifier ne pas connaître le sens de cette injure, Materazzi a fait prévaloir qu’il n’était pas cultivé. Il n’est pas le seul. C’est connu, les “footeurs”, tout dans les pieds et rien dans la tête.
        
Un rêve s’est évanoui. Sans l’ombre d’un doute, c’est sur ce coup de tête que le match a basculé.

Rapport de forces. Le caporal Gilad Shalit, sa photo a fait le tour du monde, le monde entier connaît son identité. Depuis son arrestation par des militants palestiniens, son enlèvement dit Tel-Aviv, les raids israéliens ont fait dans la population palestinienne plus de soixante morts. Sans nom, sans visage. Dans notre impuissance, pourrait-on au moins ériger à leur mémoire la tombe des victimes inconnues.

En d’autres circonstances et en préface de la réédition en 1993 de l’ouvrage de Roger Coindreau sur «Les corsaires de Salé», l’historien Mohamed Zniber, qui voulait restituer l’activité corsaire à son contexte, résumait parfaitement ce genre de rapport : «Les deux points de vue opposés [occidental et maghrébin] exprimaient, l’un le sentiment du plus fort […] l’autre du plus faible […] dont les actes de légitime défense sont présentés comme des crimes par l’adversaire. Naturellement, ce fut le point de vue du plus fort qui reçut la plus grande publicité […]»    
Feu Mohamed Zniber, comme son nom l’indique, est originaire de la curieuse cité des corsaires, Salé. Dès lors, on comprend plus aisément cette prédisposition à se saisir de l’histoire des clichés auxquels donnent lieu des rapports biaisés. L’un des plus lancinants dont ait eu à pâtir sa ville natale veut que les Slaouis soient quotidiennement et à la même heure saisis par des accès de déraison. C’est certainement faux, mais cycliquement Salé s’amuse à en administrer elle-même la preuve. En 1999, c’est avec un grain  de folie que l’Association marocaine d’aide aux enfants en situation précaire qui anime tout un réseau de centres pour garder des enfants en dehors de la rue, crée, en partenariat avec l’académie Annie Fratellini, une école des arts du cirque.
Cette année, avec beaucoup d’audace, il a suffi d’une voltige pour réussir un véritable tour de magie. L’organisation de la première édition d’une biennale pour les bateleurs qui a ravi son public. Salé ne pouvait être plus originale et, clin d’oeil à l’histoire, la lointaine descendance de Mourad le corsaire a baptisé son festival des arts du cirque et du voyage KARACENA.

Quel cirque ! Toute la France, Bouteflika en prime, se livre à un véritable numéro de contorsionniste pour ne garder de Zidane que le meilleur de lui-même. Imaginons un instant l’arbitre marocain que Fabien Barthez a gratifié d’un crachat en plein visage réagissant de la même manière que ce cher Zizou.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *