Un vendredi par moi

Un vendredi par moi

Un hebdomadaire qui a bâti sa renommée sur l’opposition au sécuritaire assure que contrairement aux «illusions» du général Laânigri, l’insécurité est en recrudescence. Peu de chiffres, mais l’une des raisons de cette insécurité  serait qu’au Maroc il y a un policier pour cinq cents habitants contre un pour deux cent cinquante en France et un pour cent en Tunisie.
Dans mon souvenir, nos grèves de lycéens avaient pour slogan «Moins de policiers et plus d’écoles !» Maintenant, il faudra peut-être inverser. Au moins l’affirmation d’un Maroc Etat policier trouvera un fondement.

Plus d’écoles. Pour construire justement la société du savoir que prône le rapport sur «50 ans de développement humain au Maroc». Contre la modique somme de 20 DH, Sapress vient de le mettre sur le marché, cd-rom compris. Le titre est imbu d’humilité : «Le Maroc possible, une offre de débat pour une ambition collective». Fausse modestie ? Sans doute. Sans doute aucun même. Mais l’offre semble plus forte que la demande, ce qui dans les conditions du marché conduit à la dévalorisation du produit. Dommage qu’un tel effort reste sans intérêts.

Le rapport s’inscrit dans les «perspectives 2025». C’est dans ce sens qu’on peut croire lui trouver une sorte d’écho dans «perspective 2030» du Haut Commissariat au Plan. Louis Martinez, un chercheur du Centre international d’études et de recherches en France, y évoque la Maghreb dans 25 ans. Lisons- le : «S’il y a bien un élément qui est surprenant à l’échelle du Maghreb, c’est qu’il n’offre pas à ses propres citoyens de quoi faire rêver politiquement».

Même pas les caractéristiques du «Maroc souhaitable et possible» sommairement déclinées en 16 pages par le rapport ? Même pas.

Attention, la déclinaison de ce Maroc est délibérément sommaire. Nos élites sont précisément censées y trouver matière à se muer en force de proposition. Mais les pieds dans l’eau, la tête à l’ombre, les esprits ont précédé les corps à la Costa d’El Sol où ils les rejoindront le 31 juillet.

PS : L’absence de débat est probablement due au peu de gens à avoir lu le rapport d’une autre façon que diagonale. Occupés certainement à lire leur avenir dans les cartes électorales de 2007.

Relisons Martinez : «Les élites dirigeantes sont encore marquées par un passé anachronique» au Maghreb qui reste pour plusieurs raisons une région peu attractive. «Le soleil est là, ironise Martinez, les individus sont sympathiques, la cuisine est bonne, mais les conditions politiques ne le sont pas. A ce niveau, seules les élites locales ne veulent pas voir la réalité des faits».

«Que faire ?» aurait demandé Lénine. Le tournesol doit chercher son soleil  ailleurs qu’en France, répond Martinez depuis Paris. La Malaisie, par exemple.
Non seulement c’est un beau succès mais c’est un bel archipel. On pourrait à la fois s’en inspirer et y faire du tourisme. On fera ainsi l’économie de l’Hexagone et de l’Espagne en même temps.

Ma lecture préférée de la semaine, A. R. Benchemsi de Telquel : «Mon confrère, aîné et ami Hamid Berrada», écrit-il pour demander à «Si Hamid de [lui] permettre d’être en désaccord avec son analyse» sur Hassan II. Rien d’extraordinaire sinon que A.R.B, après un séjour dans le Galápagos de l’espèce politique, est le théoricien de «dssarate» comme loi de l’évolution démocratique et de la sélection naturelle par les urnes.
Il a fait de l’impudence sa ligne éditoriale. Il est en passe de découvrir que les choses peuvent aussi se dire courtoisement. Peut mieux faire.

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