Un vendredi par moi

Un vendredi par moi

Désolant. Brûler l’effigie de Benoît XVI, tuer une religieuse en Somalie, n’est-ce pas la meilleure façon de donner raison au Pape ?

La seule façon intelligente de répondre aux regrets de Sa Sainteté, en prendre acte. Même si en déterrant un texte médiéval liant l’Islam et la violence, Benoît XVI ne pouvait ignorer qu’il déterrait la hache de guerre. Même si on ne peut comprendre le recours à un passage que lui-même dit ne pas refléter sa pensée.

Ce n’est pas lui qui s’est trompé d’époque, c’est nous qui n’avons pas compris son propos. Voilà ce que nous dit le Pape. Il y a bien un adage arabe qui dit : «l’excuse est encore pire que la faute».

Reste le fond de la question ; la violence qui serait le propre de l’Islam. S’il y a un service que nous rend à son insu le Pape, c’est bien de nous rappeler qu’il s’agit là d’une pensée médiévale qui nous vient des ténèbres du Moyen-âge. Mais même au Moyen-âge, elle n’avait aucun fondement sinon justifier les croisades, l’invasion des terres de l’Islam et le massacre en toute bonne conscience de ses populations. Quasiment de la même manière qu’aujourd’hui la puissance du moment cherche à légitimer la domination des chiens que nous serions en nous accusant de rage.

La violence dans les règles de l’art en terre chrétienne : l’inquisition médiévale, espagnole puis romaine… Le comble de la violence entre Chrétiens ? La guerre des Cent ans qui a opposé catholiques aux protestants.

Gabriel Princip, dont le prénom est un hommage à l’archange. C’est lui qui assassina à Sarajevo l’archiduc François-Ferdinant et son épouse Sophie. Un acte éminemment terroriste qui mit le feu aux poudres et donna le départ à la Première Guerre mondiale. Elle opposa entre elles essentiellement des nations chrétiennes. 8 millions de morts et 6 millions d’invalides. Un carnage qui a fait dire à un des prédécesseurs de Benoît XVI, Benoît XV le bien nommé : «faut-il s’étonner si [les nations européennes] munies d’engins épouvantables, visent à s’entre-détruire avec des raffinements dans la barbarie ?»

La barbarie de 14-18 devait être «la der des der». 20 ans plus tard, les Européens replongeaient le monde dans les carnages grandeur nature de la Seconde Guerre mondiale. 62 millions de morts dans une guerre de Chrétiens qui a utilisé des centaines de milliers de Musulmans et de non Musulmans comme chair à canon.

La violence serait-elle alors l’exclusif des Chrétiens ? Pas plus qu’elle n’est musulmane. La guerre sino-japonaise, un autre univers religieux, n’a pas réussi à ce jour encore à fermer ses plaies. Même si plus Catholique que l’IRA irlandaise tu meurs, l’Allemand Bader et sa bande, ou encore les Italiens des Brigades Rouges étaient plutôt du type athée. Ils ont tous en commun la violence comme seul moyen de transformation de la société. Dans l’antiquité, le Romain Caligula est un exemple hors pair de terreur, son neveu Néron auquel on prête l’incendie de Rome, a brillé par la persécution des premiers Chrétiens. C’est à lui que le monde chrétien doit son deuxième grand martyre : la crucifixion de Saint Pierre, un des principaux apôtres de Jésus.

La violence n’aurait-elle pas alors de patrie ? Mais si. C’est l’Homme. Indépendamment de sa race, de sa couleur, de sa langue et de sa religion. A l’origine, Caïn tua Abel par jalousie, mais essentiellement pour s’approprier en exclusivité leur sœur. Si l’on prend à la lettre cette tradition, l’Homme est la progéniture de l’inceste et de la consanguinité. On comprend dès lors qu’il soit le dégénéré anthropophage qu’il est. Et Dieu dans tout ça ? Il envoya à Caïn deux oiseaux s’entretuant pour lui montrer comment enterrer son frère.

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